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INTERVIEW ALAN LANCASTER 1997
(Traduction E.Fortin)
Salut, Alan, heureux de te rencontrer. Dis-moi, John Coghlan a joué avec les Lancaster Bombers en Scandinavie. As-tu toujours des contacts avec lui ?
Oui, jai toujours des contacts avec John et on se parle de temps en temps. Nous avons lhabitude avec les Bombers dinviter des gens à jouer avec nous. John a été lun deux et il se peut quil revienne dans le futur.
Lorsque tu étais avec Status Quo, tu as écrit quelques morceaux avec un certain Keith Lamb, qui est-il exactement ?
Tu sais, jai toujours aimé travailler avec quelquun, ce que jaime moins cest que quelquun tire à lui, les ficelles de mon travail. Keith Lamb jouait dans un groupe australien appelé Hush. Ils étaient dailleurs très populaires. Quand je lai rencontré, il soccupait également dune maison de disques et nous sommes devenus amis. Il ma beaucoup aidé dans lécriture de certains morceaux, comme " Ol Rag Blue " qui était dailleurs pratiquement terminé lorsquil ma proposé son aide. Il nécrivit que quelques couplets. Néanmoins, le titre fût crédité Lancaster-Lamb.
Etrangement, avec Status Quo, cétait différent. Tu arrivais avec une idée, un prémice décriture et à partir de çà, nous nous mettions souvent à bosser ensemble sur cette idée. Souvent lauteur original bossait moins à lécriture du morceau que les autres. Mais même sil nétait pas le véritable auteur, le titre lui revenait.
Ce fût notamment le cas pour " Rain " et " Mystery song " en 1976. Pour ces deux singles à succès, ce fût Rick qui apporta les premières idées. Concernant " Mystery song ", jai écrit la plupart des paroles avec Bob Young et jai aussi participé à lécriture de la mélodie. Je pense que Bob aussi. Et bien le titre a été crédité à Rick seul. Même chose pour " Rain ", jen ai écrit une partie avec Francis et Bob. Le titre a été crédité Parfitt-Young seulement. En fait Rick na pas écrit ces deux titres, il en a juste écrit une partie au même titre que moi ou Francis.
A lépoque et sur lalbum " Blue for you ", jécrivais avec Francis alors nous avons pensé : Laissons ces deux titres à Rick. Cétait comme çà et le crédit des écritures nallait pas forcément aux véritables auteurs. John Coghlan nécrivait pas. Il na jamais écrit " Roll over Lay down " ou " Break the rules " et pourtant ces titres ont été crédités Rossi-Parfitt-Young-Lancaster-Coghlan.

Photo prise lors du passage de John Coghlan au sein des Lancaster Bombers en 1994
Ceci nétait-il pas une question dargent ? Je veux dire que le ou les auteurs touchaient plus dargent sur la vente de disques ?
Oui, cest vrai. Les auteurs de singles touchaient largent provenant de lécriture, mais, dans Status Quo, nous ne pensions pas de cette façon là. Chacun touchait les retombées du succès. Nous avons toujours essayé de tout redistribuer parce que lécriture représentait vraiment notre salaire. Il ny avait guère que çà que notre management ne contrôlait pas. Cétait çà qui nous aidait à survivre. Cest pourquoi, nous nous séparions le crédit des écritures.
" Roll over Lay down " a été écrit par Rick et moi en premier, ensuite Francis a trouvé le riff et Bob a écrit quelques paroles. Alors, nous ne voulions pas laisser John hors du coup et jai suggéré de lintégrer dans les auteurs. Il en fût de même pour " Lonely light " que jai écrit avec Francis, mais comme, à lépoque, jécrivais avec Rick et Francis avec Bob, nous avons décidé de les mettre aussi. Et bien sûr, John également.
Aviez-vous des discussions dans le groupe, concernant les titres à garder et ceux à jeter pour faire vos albums ?
Non, parce que nous navions jamais assez de titres. Mais quelquefois, lorsque jécrivais des titres, en particulier, cétait difficile dobtenir des autres quils les jouent convenablement. Francis et Rick étaient plus intéressés par leurs propres compositions.
Il est évident quaprès " Whatever you want ", le dernier véritable album de groupe, chaque membre semblait aller dans sa propre direction ?
Cest exact. Quand quelquun écrivait une bonne chanson, les autres se précipitaient pour y ajouter leurs propres idées. Puis ça sest terminé. Certains titres sont sortis complètement différents de ce quon voulait. Exemple pour " Ol Rag Blues ". Je lavais composé , il ne restait plus quà le mixer. Quand nous sommes revenus, Rick et moi, nous nous sommes aperçus que Francis avait été secrètement en studio pour réaliser le mixage du single ainsi que de tout lalbum. Je peux te dire que Rick et moi avons détesté çà. De plus, les titres étaient meilleurs avant que Francis ne les mixe. Hélas, par la suite, ces choses là ont persévéré.
Je pense que vous nétiez pas heureux de vous retrouver en studio alors ?
Cest difficile à dire parce que quand nous jouions ensemble, nous étions vraiment heureux. Vraiment, cétait beau. Pourtant, cest vrai quil y avait beaucoup de problèmes. Francis avait beaucoup de problèmes et tout le temps. Mais il restait très secret. Rick aussi avait souvent des problèmes. Moi, jarrivais au studio plein denthousiasme alors que chacun paraissait quelquefois anéanti. Cétait dur de dominer çà. Nous étions heureux dans un sens et pas dans un autre. Hors du groupe, Francis et Rick avaient une vie à problèmes. Quant à John cétait John.

Alors quil jouait avec Status Quo, John avait la réputation dêtre sauvage et indiscipliné alors que cest un gars sympa voire timide.
Tu sais, cest très frustrant dêtre dans un groupe et de ne pas savoir ce qui sy passe. Cetait le cas de John. Pourtant, il était le premier qui faisait tout son possible pour le groupe et pourtant il était traité comme un moins que rien. Notre management lignorait, les autres gars aussi, cétait comme sil nexistait pas. Il était très frustré de cette situation mais nen parlait pas. Il ne savait pas quoi faire pour sen sortir. Cétait vraiment embarrassant pour lui.
Tes tu senti coupable de son départ ?
Je me suis blâmé entièrement lorsque John est parti et je lui ai dis mais lui sest senti le seul et unique responsable de sa décision. Tu sais, nous ne pouvions pas nous permettre financiè- ment davoir quelquun à la traîne. Nous sommes des hommes, nous avons des familles à nourrir. Nous ne pouvions pas nous permettre de passer des mois en studio à boire ou à déconner. Nous étions là pour travailler.
En fait ce que tu dis cest que John ne voulait pas travailler ?
Si, il voulait bosser mais il voulait uniquement jouer de la batterie. De même Francis et Rick jouaient de la guitare et cest tout. Cest facile à dire : Moi, je joue de la batterie, moi je joue de la guitare. Mais il faut travailler les morceaux, apprendre les choses que lon doit jouer et çà, personne ne voulait le faire. Ils pensaient que çà viendrait naturellement, soudainement. En fait, ils oubliaient, quau début de Status Quo, nous étions assis pendant 12 heures par jour dans la même pièce à répéter, à jouer ensemble. Cest pour çà que cétait bon. Et puis le succès est arrivé alors ils ont soudainement pensé que ça viendrait naturellement mais çà ne se passe pas comme çà. Comme je te lai dit, je me suis senti responsable du départ de John.
Ca sest passé aux studios de Montreux en Suisse. Nous avions passé les deux premiers jours à travailler sur les parties de batterie et puis soudain, John est parti brutalement en balançant sa batterie au travers de la pièce. Je ne pouvais pas supporter cela alors jai dit aux autres : Nous avons besoins dun autre batteur pour faire lalbum. En effet, nous avions passé des mois à écrire des titres, enregistré des démos et tout et tout Jétais vraiment contrarié.
As-tu pensé que John quittait Quo pour de bon et que la solution envisagée était définitive ?
Non, pas du tout. Cétait juste pour faire cet album. John aurait pu revenir si les choses sétaient mal passées. Mais nous avions besoin de quelquun pour faire lalbum. Sil était bon ou mauvais batteur, nous laurions su rapidement et nous naurions pas enregistré avec lui mais bien sûr, on la fait.
Cependant, John aurait pu revenir et dire : Allez les gars, laissez-moi reprendre les baguettes et oublions tout. Mais non
Mais vous ne lavez pas contacté après ces incidents pour régler les problèmes ?
Ce qui sest passé cest que Francis a fait venir Pete Kircher, qui était quelquun avec qui javais un peu travaillé à Londres, pour faire des démos. Pete est un gars sympa et un grand batteur mais il navait pas la magie quavait John. John avait réellement quelque chose en plus. Cétait vraiment un bon batteur. Quand John est parti, Pete est arrivé rapidement. Lidée nétait pas de se débarrasser de John , non, mais je pense que Francis avait déjà çà dans la tête. Notre management semblait aussi heureux du départ de John, pensant à la publicité faite autour du groupe. Tu penses, un membre de Status Quo sen va
Pendant ce temps, Andy Bown est devenu un membre permanent du groupe.
Environ une année avant que ça se produise, javais dit à Andy : Tu sais, je pense quun jour, tu deviendra un membre permanent du groupe. Et jai rajouté : Pourtant, je pense que ça sera mauvais pour nous.
Qui a pris la décision si tu étais contre alors ?
Ce fût Francis. Tu sais, quand jétais en Australie, il ny avait pas de balance dans les décisions concernant le groupe. Francis avait les mains libres . Quand jétais là, cétait différent. Néanmoins, Rick allait souvent dans le sens de Francis mais quelquefois, il était de mon avis. Quand jétais absent et quil y avait des décisions à prendre, Francis disait : Nous nallons pas téléphoner à Alan en Australie, tout le temps, pour lui demander son avis ".
De plus, Francis incitait John à quitter Status Quo . John était perdu et cétait très mauvais.
On lui avait promis une augmentation de salaire qui nest jamais arrivée.
Réellement, Francis voulait virer John pour faire venir son ami, Pete Kircher. Alors, bien sûr, Andy fût appelé car il se rangeait toujours aux cotés de Francis. Rick a dit " O.K ". Il était très souvent daccord avec Francis. La camaraderie dans Quo était touchée. John était souvent à lécart et pourtant il était lun dentre nous, un membre du groupe.
Lalbum " 1+9+8+2 " a surpris et nest pas très bon. Des commentaires ?
Quels titres sont sur lalbum ? Je ne me souviens plus. Ah oui ! Tu vois, le problème est que Francis ne voulait pas que lon travaille sur ses compositions. Il les faisait avec Bernie Frost et cest tout. Et puis, il fallait les enregistrer comme lui le voulait. Cest notamment ce qui sest passé avec " Jealousy ". Il y avait la façon Rossi et la façon Status Quo. Et bien, sur lalbum cest la version Rossi-Frost qui apparaît et non celle du groupe. Francis voulait de plus en plus contrôler la situation, il voulait se montrer. Il voulait que Rick et moi, nous le respections et puis Rick a pris la même attitude, il voulait que Francis et moi le respections.
Ce nétait pas du tout comme çà au début de Status Quo mais la drogue a tout changé.
" 1+9+8+2 " présente un manque évident de direction musicale, les membres du groupe semblant séparpiller. Alan, des commentaires ?
Bien, ça a commencé avec lalbum " Rocking all over the world ". Avant, nous avions produit tous nos albums et il y avait une cohésion. Et puis Pip Williams est arrivé. Il a commencé à créer de nouvelles techniques denregistrement sans rapport avec la musique du groupe. Cétait mauvais pour nous mais Francis était impressionné. Il est vite devenu ami avec Pip. Petit à petit, Pip considéra Francis comme le leader du groupe, ce qui nétait pas du tout le cas. En fait, Francis était le membre faible du groupe. En fait de leader, cétait plutôt le dernier de la ligne. Après " Rocking all over the world ", nous naurions pas du retravailler avec Pip car la seule chose de lalbum qui soit bonne cest le single qui porte le même nom. Attention, ce nest pas un mauvais album. Cétait bien dans le sens ou tout le monde était enthousiasmé à lidée de faire des choses nouvelles mais quand " If you cant stand the heat " est sorti en 1978, le groupe entier savait que cétait mauvais. Et puis Francis a voulu en refaire un avec Pip et cest pourquoi il a encore produit " Whatever you want ". Mais là, nous étions co-producteurs
Dans le livre " Just for the record ", Francis a déclaré que tu étais contre lenregistrement du single " Rocking all over the world ". Bizarre, non ?
Oui, complètement, cest un non sens. Je ne sais pas doù cest venu. Il est vrai quil marrivait, comme les autres membres du groupe, dêtre contre lenregistrement de certains morceaux. Je ne voulais pas faire " Marguerita time " alors que tout le monde voulait le faire. Alors jai dit : O.K, bossons-le et faisons-le. Francis a dit que javais essayé darrêter ça mais cest faux.
Quant à " Rocking all over the world ", cest faux. Cest une véritable nouvelle pour moi. En ce qui concerne lalbum, cest un petit album sympa, sans plus. Il faut bien admettre quen le regardant de plus près, ce nest quand même pas super.
Vous lavez enregistré en Suède. As-tu des souvenirs précis ?
Oui, je me souviens que cétait sympa. Ma femme était venu et faisait, tous les jours, la cuisine pour le groupe et pas un mot de remerciement. Nous étions satisfait de lalbum à un certain degré mais je dis bien un certain degré parce que nous lavons enregistré avec une autre approche. Francis était toujours avec Pip, parlant des titres, de ce quil voulait et ne voulait pas. Cétait comme si Pip travaillait avec Francis Rossi et non avec Status Quo. Pip suivait les instructions de Francis sans se soucier de lavis des autres.
Cest à partir de là que les problèmes ont surgi ?
Oui, ça coïncide avec larrivée de Pip William. Pourtant, au début javais de lestime pour lui quand il nous traitait tous à égalité. Il venait souvent chez moi, dans le Surrey, et on répétait.
Et puis, au début, nous étions impressionné par ses techniques denregistrement.
Qui a eu lidée de travailler avec Pip Williams ?
Cétait une idée de Colin Johnson, notre manager, qui pouvait paraître bonne.
Au sujet du single " Rocking all over the world ", qui a voulu lenregistrer ?
Cest Rick. Personnellement, je naimais pas la version originale mais quand nous lavons fait en studio, cétait vraiment bien. On la joué tous ensemble, en harmonie, et cétait vraiment beau. On a retravaillé quelques détails. Jaime vraiment cette chanson et dailleurs je la joue toujours sur scène avec les Bombers.
Quels sont tes titres préférés de tes années Status Quo ?
Disons Pictures of matchstick men, Roadhouse blues, Rocking all over the world, Rain, , Down down, Accident prone, Backwater, Roll over lay down, Big fat mama, Whatever you want, Over the edge, Break the rules, Softer ride
De quel album de Status Quo es-tu le plus fier ?
Cest difficile à dire. Tous les albums enregistrés avant " Rocking all over the world " étaient supers. Mais jai quand même été heureux de faire " Rocking all over the world " et " If you cant stand the heat ". Malgré tout, nous avons toujours eu de bonnes vibrations.
Y avait-il quen studio quil y avait des problèmes ou bien y en avait-il aussi en tournées ?
Non, en tournées, nous étions heureux, cétait vraiment super. Il faut dire que Rick et Francis nétaient pas très bons en studio. Rick ne savait pas comment travailler en studio. Quand à Francis, il connaissait les bonnes pièces mais il ne savait pas les mettre bout à bout pour arriver à un bon résultat. Moi, je connaissais car je possédais mon propre studio et javais lhabitude de ce genre de choses. Pourtant, ils voulaient mixer leur composition. Je me souviens, une fois, je suis arrivé au studio et ils écoutaient tous un enregistrement du groupe. Je leur ai dit : Cest super, les gars, mais il y a un léger bruit strident sur toute la longueur
du morceau. Personne ne lavait entendu et ils allaient mixer avec ça, je ne pouvais pas le croire. De plus, Francis ne supportait plus daller en studio avec nous. Il ne voulait plus que lon travaille tous ensemble. Finalement, après " Whatever you want ", nous avons décidé de ne plus travailler avec Pip Williams. Alors, Francis a voulu travailler avec John Eden. Nous avons enregistré " Just supposin " . Puis quand nous lavons terminé, Francis a voulu que nous restions en studio pour y enregistrer dautres morceaux. Cétait logique, rester en studio pour avoir un autre album. Mais même si laspect économique nétait pas négligeable, pour moi, il ny avait pas de sens créatif. Bon, je lai fait car je savais que si chacun y mettait toute son énergie, nous pouvions le faire. Hélas, " Never too late " est un album raté.
Tu dis que " Just supposin " et " Never too late " ont été enregistrés en même temps ?
Oui, exactement, les deux ont été enregistrés en Irlande. Francis avait une passion pour ce pays et voulait enregistrer ici. Mais " Never too late " est à jeter. Nous naurions jamais du faire ça. Ca aurait pu si physiquement nous étions bien mais nous étions crevés. Nous venions de faire " Just supposin " alors pourquoi poursuivre immédiatement avec un autre album ?
Tu mentionnes que, malgré les problèmes rencontrés en studio, vous étiez vraiment heureux de jouer ensemble en tournées. Quels sont les moments les plus mémorables ?
Manifestement, faire louverture du Live Aid au stade de Wembley est lun de nos meilleurs moments live. Le dernier concert de " End of the road ", en 1984, au Milton Keynes, restera toujours gravé dans ma mémoire. Bien sûr, il y a aussi le concert pour le " Princes trust " au N.E.C en 1982. Il y a notre premier concert dans en 1962, dans le club de mon père, le Samuel Jones Sport. Et puis tous nos concerts que nous ayons faits au Greyhound de Londres.
Louverture du Live Aid est la dernière chose que vous ayez faite ensemble. Comment cela sest il passé ?
En fait, cest Iain Jones qui m a prévenu que Bob Geldof nous voulait pour faire louverture du Live Aid. Moi, jétais pour et je lui ai dit : Oui, super, je veux le faire. Puis, Iain ma dit que Francis était contre. Alors, jai dit à Iain : Ecoute, Dis à Francis que sil ne veut pas le faire, je massurerais de faire savoir à tout le monde pourquoi il ny avait pas Status Quo.
Et bien, après, il ne sest pas passé beaucoup de temps pour que Iain me recontacte pour dire que Francis était daccord.
Parlons de Iain Jones, qui la choisi comme manager ?
Encore Francis. Iain était technicien des claviers dAndy Bown. Pour être honnête avec vous, je nai jamais vraiment apprécié ce gars. Il y avait quelque chose en lui que je naimais pas mais je ne saurai pas dire quoi. Néanmoins, je pensais que je navais pas à le juger et que cétait probablement un type bien. Jhabitais en Australie et lui et Francis sentendaient à merveille. Peu de temps après, Bob Young fût viré et Iain est devenu notre tour manager. Dune certaine façon, à jouer au lèche cul avec des gens comme Iain, Pip William et Colin Johnson, Francis dégradait Status Quo. Il faisait beaucoup de choses en arrière de nous. Il concoctait beaucoup avec Colin Johnson et certains projets étaient réalisés sans que Rick ni moi en ayons connaissance. Evidemment, ça causait beaucoup de frictions au sein du groupe car ce nétait son groupe, il ne lui appartenait pas et le fait den être le chanteur principal ne lautorisait pas à faire ce quil faisait. Cela ne nous plaisait pas. Il est évident que Iain Jones avait beaucoup de considération pour Francis. Ils devinrent de grands amis en même temps que Iain devint notre tour manager. Bob, donc partit mais à lépoque de son départ, nous étions tous daccord car Bob se comportait de plus en plus comme le cinquième membre de Status Quo et avait de plus en plus dexigence. Quelquefois, il contestait nos projets et ça devenait pénible. Cela dit, cétait un grand tour manager, probablement un des meilleurs du métier. Il commençait à demander plus dargent pour lécriture des morceaux et Francis était daccord pour lui donner une partie de sa part, de la mienne et celle de Rick. Alors

Au sein du groupe, y avait-il des discussions concernant les changements de management ?
Non, pas vraiment. En 1979, jai commencé à mintéresser de plus près à laspect financier du groupe. Je me demandais où passait largent. Nous nen recevions jamais beaucoup. Tout était réinvesti dans le groupe. Enregistrer des albums coûtait très cher et cest pourquoi John a dû partir car nous perdions beaucoup dargent à ne pas fournir un travail correct. Vous pouvez penser que Status Quo faisait beaucoup de frics mais non. Tout le monde gagnait beaucoup dargent sur Status Quo sauf Status Quo.
En 1984, nous quand nous avons fait " End of the road ", chacun voulait faire assez dargent pour pouvoir se retirer mais, en fin de compte, nous en avons perdu. Dailleurs, après la tournée, Rick était cassé, il navait plus un sou en poche. En 1985, au moment du Live Aid, il avait perdu sa maison, son studio. Il habitait un petit appartement, navait plus de permis de conduire, rien Cest pourquoi, je suis revenu dAustralie, à mes frais, pour laider. Personne ne laidait pas plus Colin Johnson que Francis Rossi. Comme il la mentionné dans sa biographie, Rick était au bord du suicide. Donc, comme je lai dit, je suis revenu dAustralie et ai jeté un il sur la comptabilité du groupe et là, je me suis aperçu que nous étions littéralement arnaqués. Rick le savait mais avait peur de faire quelque chose pour que ça change. Il était alors daccord pour que Colin Johnson parte mais voulait quil devienne son manager personnel. Cétait ridicule. Rick rejetait Status Quo et voulait continuer en solo.
Puis son album ne sest pas fait et il a été anéanti. Il en fût de même pour Francis. Mais, à cause de tout ça, je nai pas pu réaliser mes affaires. Javais payé mes enregistrements et rien ne sest fait.
As-tu entendu les albums solo de Francis et de Rick ?
Oui, je les ai entendus. Le matériel que Francis avait enregistré était bon avec de bons rythmes. Jai habité avec Rick quelques temps et jai écouté ses morceaux. Comparé à lalbum de Francis, cétait plus frustre. Il y avait de bons passages mais pas suffisamment.
Puis, quand je suis arrivé avec mon propre matériel, la compagnie de disques na pas voulu me produire. Ils avaient dépensé beaucoup dargent pour Rick et Francis et navait plus rien à me consacrer. Alors, le matériel que javais enregistré était destiné au futur album de Status Quo. Si javais encore fait parti du groupe, vous auriez entendu des titres comme Escape, Running in the shadow, Aim high. Ces titres ont donc été interprétés par les Party Boys et les Bombers. Alors que je travaillais au futur album de Status Quo, Francis et Rick faisaient leur album solo secrètement.
Tu as vu Status Quo en live à Goteborg en Suède en 1995. Que penses-tu de leur performance ?
Jai vraiment trouvé ce concert fastidieux. Ca manquait de sens et de réalisme. La plupart des titres étaient joués beaucoup trop rapidement. Cest bouleversant pour moi de voir Rick et Francis dégrader à ce point le nom et limage de Status Quo.
As-tu rencontré le groupe pendant leur passage en Australie en mars de cette année ?
Non, lorsquils sont venus, javais un problème familial à régler. Mais jai eu Rick au téléphone quelques semaines avant et puis à nouveau quelques semaines après leur passage.
Quant à une reformation du Status Quo original, penses-tu que les portes soient définitivement fermées ?
Tu sais, je ne vois pas les portes définitivement fermées, mais je ne les vois pas souvrir non plus. Je pense que ça vaudrait vraiment la peine de nous réunir tous les quatre pour faire un nouvel album. Nous pourrions encore le faire. Dailleurs, le nombre de mails me provenant des fans du monde entier est tout simplement incroyable.
Enfin, Alan, une dernière question. Il semble quil y ait encore beaucoup damertume notamment entre Francis et toi. Est-ce le cas ?
Non, je ne suis pas rancunier de ce qui sest passé. Je suis juste un peu en colère dans le sens ou ils ont brisé ma vie. Je nai rien vu venir. Ce nest pas comme sils mavaient dit : Tu sais, Alan, lannée prochaine, nous voulons te remplacer, pouvons-nous nous arranger ? Mais, non, ça sest fait très sournoisement. Ils mont laissé dans une situation ou je ne pouvais continuer ma vie. Et je me suis battu pour ce que javais. Je suis en colère pour ce que Francis et Rick ont fait. Ils ont été mes amis pendant 25 ans, mes meilleurs amis. Cest très dur pour moi de leur pardonner sils ne sont pas désolés. Je sais quils sont désolés mais ils ne me le diront pas. Pourtant, je pourrais les pardonner. Bien quils soient désolés de cette situation, ils ont continué à dire des saletés sur mon compte. Je ne sais pas pourquoi ils ont fait ça. Mais vraiment, jaimerais pour moi, John , Francis et Rick que nous jouions encore tous ensemble comme de véritables amis.
Quelquefois, jai cru que javais vécu 25 ans dans le mensonge. Francis était mon meilleur camarade comme Rick. Nous ne faisions quun. Ce serait extraordinaire de se retrouver et de sauver notre amitié. Alors, nous pourrions dire : O.K, il y a eu des différents entre nous mais maintenant, cest O.K.