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INTERVIEW ALAN  LANCASTER - AUSTRALIA 2004

Traduction Bruno Ponchon

ENREGISTREMENT N° 1

- …Quand tu étais petit, à quoi ressemblait la vie chez les Lancaster ?

A.L. : Chez les Lancaster, la vie était très heureuse. Avec ma famille, nous étions très proches les uns des autres ; cela a été une époque très heureuse de ma vie.

- As-tu des frères et sœurs, Al ?

A.L. : Oui, en effet, j’ai un frère aîné et une sœur plus jeune.

- Et que font-ils, à part être fiers de toi ?

A.L. : Ils sont en Australie.

- Ah bon ?

A.L. : Oui, en fait, la majeure partie de ma famille s’y trouve désormais. Mon frère est toujours en Angleterre, bien sûr, mais il ne va pas tarder à nous rejoindre.

- Bon, écoute, parle-nous de tes débuts dans la musique, parce que je me suis laissé dire que tu jouais du trombone ?

A.L. : En effet, c’est comme cela que ça a débuté, avec ce bon vieux trombone. Je faisais partie de l’orchestre du lycée, comme il y en a partout. J’étais à la tête de la section des cuivres, dans l’orchestre du lycée. J’étais le seul qui sache jouer de la trompette.

- Et cela t’arrive-t-il encore parfois de le sortir ?

A.L. : Non, plus maintenant, c’est fini ce temps-là. Mais c’est sûr que c’était une belle époque. Ce qu’ils faisaient au lycée, c’est qu’ils transposaient les hymnes pour le trombone et la trompette. Il y avait juste nous trois et en fait, c’est comme ça que tout a commencé. En débutant dans la musique, en fait je ne connaissais pas grand-chose à la musique. Tout ce que je savais, c’était jouer les hymnes scolaires, c’est tout, et bien entendu, quand on fait ce genre de choses, on tend à apprendre à lire la musique, pas vrai ?

- Ouais.

A.L. : C’est ça que j’ai fait. Ensuite, bien sûr, je me suis payé ma première guitare ; c’était de ça que je voulais apprendre à jouer.

- A cette époque où tu étais jeune, vers les douze ou treize ans, quand tu as commencé à t’intéresser à la musique, qu’as-tu entendu qui t’a vraiment incité à te lancer dans le rock and roll ?

A.L. : Les premiers trucs qui m’ont fait me tourner vers la musique, ç’a été Cliff Richard et les Shadows, tu me croiras ou non, ces petites guitares avec écho et les choses comme ça ; parce que, en fait, je n’avais pas vraiment d’idée à cette époque-là. Tout cela, c’était dans le genre plutôt pop, mais c’était tout ce qu’on entendait. Il n’y avait pas toutes ces stations de radio alternatives et pas beaucoup de couverture télévision en ce temps-là. Tout ce que l’on pouvait faire, c’était écouter ce qu’on nous donnait à entendre. Ce qui se vendait à l’époque, c’était Cliff Richard et les Shadows et les trucs comme ça, et c’est de là qu’est venue toute cette idéologie de la guitare. En ce temps-là, c’était un must d’avoir une guitare. Les trompettes, tout le monde n’a pas tardé à les jeter. Je devais recruter des membres pour le groupe, mais pas seulement ceux qui ne savaient pas jouer, ceux qui étaient désireux d’apprendre à jouer et partageaient la même passion. Bien sûr, c’était assez facile de trouver des gens qui souhaitent rejoindre un groupe à l’époque, même si personne n’avait de guitare, personne ne savait jouer. Alors ça s’est fait comme ça. La formation du groupe, ç’a été en réalité des gens qui ne savaient pas jouer et qui apprenaient ensemble.

- Alors en fait, vous avez juste choisi quelques morceaux des Shadows qui semblaient assez faciles et en avant la musique !

A.L. : C’est exactement cela. On jouait des morceaux instrumentaux des Shadows et des Tornadoes. On faisait beaucoup de morceaux instrumentaux à l’époque. Bien entendu, on ne jouait pas en public parce qu’on n’avait pas de batteur. Rossi est arrivé assez tôt. Nous avions un organiste à l’époque, et on pensait que c’était bien, parce que ça paraissait être la tendance. En fait, on cherchait notre orientation, tu vois. On avait un organiste et tous les trois on jouait, tu sais, chez l’un d’entre nous, et ce jusqu’à ce qu’on découvre John Coghlan.

- Un bon batteur !

A.L. : On était très très proches les uns des autres à l’époque, tout ça s’est fait dans le courant d’une année. Et c’est marrant, notre tout premier nom a été les "Parodies". Personne n’a jamais semblé pouvoir se le rappeler. Tout le monde paraissait croire qu’on s’appelait les "Scorpions" et d’autres noms comme ça. Il a été écrit qu’on s’appelait comme ça, mais ce n’est pas vrai, notre premier nom a effectivement été ‘The Parodies’ et ensuite on a changé pour s’appeler "The Spectres". Bien entendu, après les "Spectres", on est passés à "Traffic Jam", et puis après "Traffic Jam", on s’est appelés "The Status Quo" et après "The Status Quo", on a fini par adopter le nom de "Status Quo".

- Parlons un peu de "The Spectres", parce qu’ils ont fait une petite carrière assez florissante du point de vue enregistrements pendant quelque temps.

A.L. : On avait signé un contrat d’un an, ça nous donnait l’opportunité de faire un maxi 45 tours. Comme royalties, on touchait environ 1 % du total des ventes, quelque chose comme ça, vraiment ridicule. En fait, on était encore des gosses, en phase d’apprentissage. Ce qu’on a fait sous le nom de ‘The Spectres’, c’était pas vraiment terrible, même si ça s’est pas mal vendu ces dernières années. Tu sais, il y a pas mal de trucs qui sont ressortis dans des collections, et disons que ça a fait son temps. Ce line up a duré jusqu’en 1968, seulement un couple d’années, parce que Rick Parfitt a alors rejoint le groupe et en a fait un quintet ; c’est à ce moment-là qu’on est devenus "Status Quo".

- Et n’est-ce pas à peu près à l’époque de "Pictures of matchstick men" ?

A.L. : C’est vrai. En fait, "Pictures of matchstick men" avait déjà été enregistrée avant que Rick nous rejoigne et on a mis sa voix dessus. Il a apporté un peu d’harmonie au groupe, c’était le genre de choses qu’il savait faire.

- Il est toujours aussi cher à mon coeur... Et c’est toujours la seule chose que j’arrive à jouer à la guitare.

A.L. : Il me semble que tout le monde est capable de la jouer, celle-la.

- C’est exactement ce que je suis en train de dire.

A.L. : "Pictures of matchstick men", c’était juste un de ces singles marrants, un peu excentriques qui sortent comme ça. Mais en réalité, il n’est pas sorti "comme ça" ; en fait, on a payé pour qu’il passe à la radio, sur "Caroline Radio", les stations de radio pirates. C’est vrai : on a payé pour que la chanson passe sur ces stations. Si on n’avait pas fait ça, peut-être qu’on n’aurait jamais connu le succès.

 

ENREGISTREMENT N° 2

- C’était le fameux "Pictures of matchstick men" de Status Quo sur Classic Retrospective. Ce soir, avec Simon Kerry, nous repassons une interview faite il y a un couple de semaines avec Alan Lancaster, un ancien de "Status Quo" ; j’ai demandé à Alan Lancaster comment, alors que ses membres étaient aussi jeunes, le groupe avait réagi au succès de "Pictures of matchstick men".

A.L. : Ben, on était juste des gamins à l’époque, on n’était pas vraiment prêts à un tel succès et il n’y avait personne en ce temps-là qui puisse te conseiller ou te mettre sur la bonne voie ; ou plutôt, ceux qui l’auraient pu ou voulu t’orientaient dans la mauvaise direction, tout ça pour ton propre bien, naturellement, tu sais, ce qui fait qu’on a été catalogués comme un petit groupe pop. Bien sûr, ce n’était pas ça du tout.

- Quand la situation a-t-elle véritablement commencé à évoluer ?

A.L. : Quand le changement a commencé à se produire, c’était une période d’idiotie, un moment où on nous présentait, si tu veux, comme un petit groupe pop avec des chemises à froufrous et des trucs comme ça, alors qu’en fait, ce qu’on faisait sur scène ne correspondait absolument pas au look qu’on avait. Et puis on jouait des trucs très hard sur scène, tu sais, du Chuck Berry, rien à voir avec la pop, mais on nous avait collé l’étiquette de groupe pop, et quand on s’est rendu compte à quel point on se servait de nous, à quel point on abusait de nous, à partir de là, on a tourné le dos à l’industrie et on a dit : "Bon, maintenant, on va faire exactement ce qu’on a envie de faire", et on est entrés en lutte contre l’industrie musicale ; et c’est à ce moment-là, je suppose, que le "Quo" a trouvé sa véritable identité, ou sa véritable orientation, parce qu’on était une bonne petite formation de blues à cette époque. On nous avait trompés et ça nous avait, en quelque sorte, fait prendre un mauvais départ dans cette industrie pour ce qui concernait l’aspect public, parce qu’on nous considérait juste comme un petit groupe pop à la con, et c’est ce qu’on était, dans une certaine mesure, parce qu’on n’était encore que des gamins. Et là, quand on s’est retournés contre l’industrie musicale, on a jeté nos chemises à froufrous, on s’est mis à porter des jeans et des tee-shirts, à jouer du blues, à jouer partout où on avait envie de jouer, à écrire tout ce qu’on avait envie d’écrire, et à sortir tout ce qu’on avait envie de sortir ; et on n’a plus jamais demandé conseil à personne après ça, parce qu’on ne faisait plus confiance à personne.

- En 1970, les dés sont jetés et c’est la sortie de "Down the Dust pipe", je parle en ce qui concerne le marché australien. Pour sûr, c’était un son "Status Quo" bien différent. Mais en 1973, avec la sortie de "Piledriver", pour le groupe, c’est le déchaînement absolu !

A.L. : Ouais, on était vraiment déchaînés à ce moment-là. En fait, en 1970, c’était assez chaud, plutôt chaud dans les années 1970, alors qu’en ce qui concerne les disques on était plutôt, tu sais, comment dire…, naïfs, on n’était pas très bons sur le plan des enregistrements. Evidemment, personne n’était vraiment bon à cette époque, on n’avait que des machines à quatre pistes. Mais en 1973, bien sûr, on avait déjà quelque chose comme trois albums à succès, plutôt deux albums, je pense, "Piledriver" et "Hello".

 

ENREGISTREMENT N° 3.

- … Retrospective. Ce soir, avec Simon Kerry, nous repassons une interview que j’avais faite du membre fondateur du groupe, Alan Lancaster, et je demandais à Alan si cela avait été difficile de garder le contrôle de tout à partir du moment où le bulldozer "Quo" avait décollé.

A.L. : Oui, c’était dur de garder le contrôle de ce qui se passait. Même si on avait un contrôle total de certains aspects, dans la plupart des autres, en fait, c’était difficile parce qu’il y avait des gens qui voulaient te vendre de certaines façons, tu vois. Il y avait les maisons de disques qui s’en mêlaient, alors, elles voulaient… Enfin quand je dis "les maisons de disques", on avait une bonne maison de disques, qui était "Phonogram" à l’époque, et après "Vertigo". Et on produisait tous nos propres trucs. Cela représentait un gros risque pour tout le monde de faire rentrer des gamins comme ça en studios et de leur dire « Faites ce que vous voulez », or c’est exactement ce qui s’est passé avec nous.

Les neuf premiers albums qu’on a faits chez "Vertigo", on les a tous produits nous-mêmes. En fait, on n’avait aucune expérience en dehors de l’arrangement et de l’interprétation de nos propres titres.

- Vous avez fait un magnifique boulot.

A.L. : Et donc, c’est de là en réalité qu’est venu notre son original, parce qu’il était totalement dépourvu d’influences ; c’était original, c’était tout des trucs écrits par nous, ou des arrangements, tu sais, des reprises, principalement des grands morceaux capables de résister à l’épreuve du temps et tout était vraiment interprété comme en direct.

- Alan, dis-moi, comment les membres du groupe ont-ils fait face à ce succès à titre individuel ?

A.L. : A cause de ce qui s’était passé à nos débuts, on ne faisait confiance à personne, on ne croyait qu’en nous-mêmes. On s’appuyait les uns sur les autres, parce qu’on avait grandi ensemble, on était tous des gamins qui se connaissaient depuis l’âge de douze ou treize ans. Chacun comprenait bien ce que les autres avaient à l’esprit. Alors on se faisait implicitement confiance les uns aux autres parce qu’on avait grandi ensemble et on ne se fiait véritablement à personne d’autre pour faire ce qu’il fallait, parce qu’on en avait fait l’expérience très tôt. Donc oui, on s’appuyait beaucoup les uns sur les autres et on restait essentiellement ensemble ; en fait, on n’avait que très peu de vie sociale en dehors de notre propre cercle.

- Et c’était une bonne ou une mauvaise chose, selon toi ?

A.L. : En quelque sorte, c’est une mauvaise chose parce qu’on ne s’ouvre pas au monde, et effectivement, on n’était pas très ouverts au monde dans les premiers temps, je peux vous le dire. Mais c’était aussi une bonne chose en ce sens qu’il y avait une sorte de camaraderie entre nous et qu’on se défiait pratiquement immédiatement de quiconque entrait dans notre camp. Il fallait aux nouveaux arrivants passer par un certain rituel avant d’être acceptés. C’était plutôt du genre « cercle fermé ».

- Qu’est-ce qui t’a amené à émigrer vers l’Australie ?

A.L. : Simplement le fait que c’est le meilleur endroit où vivre au monde, et je pense que c’était le meilleur endroit pour élever ma famille, ce qui était ma préoccupation en ce temps-là. Et déjà à l’époque, j’avais probablement vécu les plus belles années de ma carrière après avoir passé vingt-cinq ans dans le groupe, ou à œuvrer pour le groupe. Je me suis dit qu’il était temps de réfléchir à mon avenir, à là où je voulais vivre, et ma famille aussi, et quel est le plus bel endroit au monde ? L’Australie, l’Australie, l’Australie ! Je supporte aussi les équipes australiennes ; on me considère comme un traître en Angleterre, maintenant, je le sais. J’adore ça parce qu’on a tout ici, non ?

- C’est sûr.

A.L. : Même la danse de salon !

- On essaie, on essaie au maximum ! Bon, et en quoi cela a t’il affecté ta position au sein du groupe, de partir pour l’Australie, parce que vous tourniez toujours ?

A.L. : À l’époque, on était déjà un groupe international. Tu sais, on vivait tous dans des pays différents : Rossi en Irlande, John Coghlan sur l’Ile de Man, Parfitt en Allemagne la plupart du temps et moi, j’habitais en Angleterre.

Donc, en réalité, ça n’a pas fait de grande différence. C’est vrai : l’Australie n’est jamais qu’à un jour d’avion, et rien n’était jamais décidé dans la journée, c’était toujours six semaines, trois mois à l’avance, alors on savait ce qu’on faisait, c’était pas du genre « Oh mon Dieu, voici qu’il nous arrive tout à coup un engagement ». Et puis, j’avais douze heures d’avance ici, de toute façon, non…, plutôt onze heures d’avance. Alors, cela ne nous a pas vraiment affecté pour ça, parce que beaucoup de groupes avaient leurs membres qui vivaient dans différents pays en ce temps-là, tu sais. Les Who, c’était pareil… Alors je n’avais rien d’unique sur ce plan-là. Il me semble même que Jim Harrison a vécu ici pendant quelque temps, je me trompe ?

- Oui, il avait une petite île à lui.

A.L. : Ah, vivre sur une île !

- Eh bien, il y en a pas mal d’autres en ce moment. C’est marrant que tu aies parlé des Shadows, parce que Hank Marvin habite à Perth maintenant.

A.L. : Oh, pareil que moi.

- Ouais, ça fait longtemps. Il est quasiment Aussie !

A.L. : Il me semble que son batteur joue avec la nouvelle formation du Quo, son ex-batteur.

- Assez parlé de Hank Marvin. Ce soir, nous nous consacrons entièrement à Alan Lancaster. Voici "Caroline" de "Status Quo" sur Classic Hits, la radio de Sydney.

 

ENREGISTREMENT N° 4

- C’était Simon Kerry, discutant avec Alan Lancaster, ancien du groupe "Status Quo". On sait qu’il y a eu des mésententes et que pas mal d’eau boueuse a coulé sous le pont du "Quo", aussi ai-je demandé à Alan pourquoi, alors qu’ils avaient l’air si proches en tant que groupe, tout a commencé à partir de travers ? Que s’est-il passé ?

A.L. : Au sein du groupe, on s’entendait fantastiquement bien. Evidemment, chacun avait ses hauts et ses bas du point de vue émotionnel. Or je me rends compte qu’on a été ensemble quelque vingt à vingt-cinq ans, et qu’on passait plus de temps les uns avec les autres qu’avec n’importe qui d’autre au monde. Donc, on aurait dû être en mesure de régler nos différends entre nous, n’est-ce pas, et tout spécialement parce qu’on était des hommes mûrs, avec charge de famille ; mais en fait, ce qui s’est passé, le véritable fond de cette affaire, c’est que Rossi, en particulier, et Parfitt, aussi comme chacun sait, se sont lancés à fond dans la cocaïne. Comme tu le sais, les accros à la coke, comme tous les accros à n’importe quelle drogue une fois qu’ils ont atteint un certain niveau, ils voleraient leur propre mère, ils voleraient leurs propres amis, ça devient vraiment grave. Et bon, jusqu’à un certain point, même ça on peut le gérer, mais les gens autour de nous, c’est-à-dire nos managers, les directeurs de nos maisons de disques, nos avocats et jusqu’à nos comptables, tous étaient plongés à fond dans l’abus de cocaïne. Moi, j’étais ici en Australie, bien sûr. John Coghlan ne trempait pas là-dedans, on en a les preuves maintenant. Apparemment, ils s’en sont vantés, comme s’il s’agissait d’un facteur de crédibilité. Mais en fait, c’est ça qui les a tués, ils se sont adonnés à la coke, et ils se sont égarés. Il n’y avait pas de mésentente dans le groupe avant cela. En fait, cette mésentente, elle a justement débuté entre Rossi et Parfitt, l’un contre l’autre. C’est entre eux que l’harmonie était brisée, ils se haïssaient à fond. C’était toujours à moi d’essayer d’arranger les choses, ou à Coghlan, etc..., c’est de là en réalité que c’est parti, et que je suis devenu le bouc émissaire. Lorsque ç’a été la pagaille dans la comptabilité et que je suis devenu responsable de leurs méfaits. Pour dire les choses autrement, avec Rossi, on formait un partenariat : si Rossi faisait quelque chose de mal, on n’était pas obligé de poursuivre Rossi, on pouvait me poursuivre moi pour tous ses méfaits, et même chose avec Parfitt. Alors, j’ai décidé de me mettre un peu..., tu sais « Là, ça commence à me faire peur, tout ce que vous faites là, ce sont des délits et je pourrais être tenu pour responsable ». Aussi, dès qu’on a examiné les comptes, c’est là qu’on s’est servi de moi comme bouc émissaire, bien sûr et on m’a systématiquement évincé de mes propres affaires. C’est pour ça que j’ai dû les attaquer.

- C’est affreux comme situation.

A.L. : Eh bien, ça dure encore à l’heure actuelle.

- La drogue est responsable de bien des méfaits.

A.L. : Et ça n’est pas fini, encore aujourd’hui, parce qu’il y a eu tant de mal de fait. Toutes les questions de droits se sont transformées en un véritable méli-mélo et bien sûr, avec toutes ces fusions de maisons de disques, tu sais, ç’a encore embrouillé les choses. Et puis avec les différentes directions, les différents partenariats, dont des partenariats sous le même nom, toutes les questions de droits ont été mélangées et cela cause pas mal de confusion, et bien sûr, cela entraîne d’autres litiges alors que rien n’a jamais vraiment été démêlé de leur histoire d’abus de drogue. Les dégâts que ça a causés ont été absolument colossaux, même encore à l’heure où je te parle.

- J’allais te demander, à propos de John Coghlan, que j’avais toujours plutôt considéré comme le maillon faible du groupe et pas vraiment très doué, mais il avait toujours été là et tout d’un coup, il n’y était plus.

A.L. : Eh bien, c’est vrai, c’est bien sûr ça qui a marqué la fin du groupe. C’en a été fini de "Status Quo" quand il est parti. Il n’était pas censé partir. C’est à cause de ce dont je te parlais tout à l’heure, quand les problèmes de drogue ont commencé au sein du groupe. Coghlan n’en prenait pas, et moi non plus, mais on ne savait pas vraiment ce qui se passait à ce moment-là, parce que ça prend quelques années avant que ces choses-là affectent les gens. Or ils étaient mentalement affectés, tu sais, c’est le caractère du groupe qui en était affecté. Tu sais, il y avait des problèmes, des problèmes d’ordre mental, on ne travaillait pas bien ensemble. On ne produisait plus nos albums désormais, on avait pris un producteur et ça, tu sais, ça changeait tout, parce qu’on avait l’habitude de produire nos propres créations, alors confier ça à quelqu’un d’extérieur, si tu veux, un producteur comme Rick William, ça changeait notre son du tout au tout, et on n’était pas d’accord avec ça, et on enregistrait d’une façon différente de tout ce qu’on avait fait auparavant. Désormais, il y avait toutes ces nouvelles technologies, et on enregistrait une seule chose à la fois. On n’enregistrait plus comme un groupe. C’est là que le groupe s’est engagé sur la pente descendante, parce que la drogue avait été introduite, que cela affectait les gens et Coghlan commençait à en avoir marre. Moi aussi, ça commençait à me fatiguer, mais on ne savait pas ce qu’il en était à ce stade. Et puis, bien sûr, en 1982, Coghlan a quitté le groupe et à partir de là, cela a été la fin de "Status Quo".

- Plus de chambre des machines, je suppose que c’est ce qui arrive lorsqu’on « brise les règles » (référence à la chanson « Break the rules »). Vous écoutez Classic Retrospective ce soir avec Alan Lancaster. Nous revenons après ce titre de Status Quo.

ENREGISTREMENT N° 5

- Ce soir, avec Simon Kerry, nous repassons une interview que j’ai faite il y a quelques semaines de cela avec Alan Lancaster de "Status Quo". Pendant l’interview, j’ai parlé à Alan Lancaster de son déménagement en Australie et de son groupe "The Bombers".

Tu es venu ici et tu as formé à mon avis un des meilleurs groupes de rock qu’on ait connus depuis longtemps, mais qui est resté quelque peu mystérieux pour le public : "The Bombers".

A.L. : Ouais, "The Bombers". C’était, tu sais…, je voyais ce qui arrivait de l’autre côté du monde. Je me suis dit que ce serait mieux de conclure un deal hors d’Australie, alors on a signé chez A&M Records aux Etats-Unis, "The Bombers". Et ç’a vraiment été un de mes groupes favoris, honnêtement. J’adorais vraiment "The Bombers". On s’est sacrément marrés, tu sais. C’était comme le "Quo", mais d’une manière différente. C’était un type de musique plus progressif. Cela a vraiment été quelque chose qui m’a plu, je me suis vraiment fait plaisir. Faire cet album, ç'a été fantastique aussi, mais malheureusement, A&M, notre maison de disques, a été vendue à "Phonogram" et on s’est retrouvés sans maison de disques. C’est ça qui est arrivé aux "Bombers". On s’est retrouvés le bec dans l’eau. On avait signé avec une maison de disques, mais on ne pouvait rien faire, on tournait beaucoup.

- Puissante voix que ce Tyron Kates.

A.L. : N’est-ce pas ?

- Il avait une deuxième paire de poumons ou quoi ?

A.L. : J’ai tiré une leçon de ça aussi : ce n’est pas nécessairement le fait que le chanteur soit bon, même si, tu sais, c’était un chanteur absolument fantastique, un des meilleurs que j’aie entendus. Il jouait dans la Farnham League, si tu vois ce que je veux dire, il pouvait faire n’importe quoi. Ce n’est pas nécessairement le fait que le chanteur soit bon qui fait que le courant passe avec le groupe.

- Non, cela va sans dire, bien sûr. Alors, que s’est-il passé musicalement, pour toi, après les "Bombers" ?

A.L. : Eh bien, pas grand chose. En réalité, j’ai fait pas mal de trucs. En fait, c’est parce que j’avais décidé de ne plus produire après The Bombers", c’était trop…, comment dire…, trop « volatile ». Produire des disques, cela signifie qu’il faut que tu payes pour ça, que tu payes pour les enregistrements. ça coûte un tas d’argent de faire un disque. Lorsqu’une maison de disques se casse la figure et que tu te retrouves sur la touche, ça devient trop volatile, alors j’ai décidé de ne plus produire et de juste partir sur une tournée de concerts avec les "Lancaster Bombers".

Bob Williams des "Choir Boys" a rejoint le groupe et Tyron est parti, et c’est moi qui ai repris le chant et de nouveau on s’est retrouvés à quatre. Et j’ai pas mal tourné en Europe, sur le continent, pas en Angleterre, et on a eu beaucoup de succès. Vraiment, vraiment, je me suis bien amusé. On a sorti un EP, "The Matchstick men", en souvenir de notre premier tube.

- Voici maintenant "The Bombers" avec "Crime Investigator", enregistré en public. Vous écoutez Classic Retrospective sur la radio Classic Hits de Sydney.

 

ENREGISTREMENT N° 6

- "Crime Investigator" avec bien sûr Alan Lancaster à la basse. Non mais, quelle paire d’amygdales il a, comme chanteur, ce Tyron Kates, une voix énorme ! Avec Simon Kerry, nous poursuivrons la rediffusion de l’interview d’Alan Lancaster après la pause ; nous reviendrons parler des "Party Boys" et aussi de ce qu’Alan fait maintenant, et enfin de ces rumeurs à propos de sa mauvaise santé, dans Classic Retrospective.

Nous reprenons Classic Retrospective ce soir avec Simon Kerry, pour diffuser une interview d’Alan Lancaster de "Status Quo". Maintenant que nous avons entendu le groupe d’Alan, « The Bombers », interpréter"Crime Investigator" avant la pause, parlons maintenant de "The Party Boys".

A.L. : Eh bien, évidemment, c’est ce qui a précédé les "Bombers", directement après la séparation, la deuxième fois qu’on s’est séparés. Bon, j’ai quitté le "Quo" en 1987,… 1986-87, pas longtemps après "Live-Aid". Et je n’avais jamais vraiment joué avec d’autres groupes avant et, bien entendu, les "Party Boys" n’existaient pas en tant que tel, c’était un nouveau groupe et Paul Christie, le propriétaire du nom, m’a téléphoné en Angleterre et m’a demandé si ça me plairait de former "The Party Boys" avec lui : Bob Brewster des "Angels", Kevin Borich Express, plus connu sous le nom de Kevin Borich, et Reg et Harvey des "Divinals", et puis lui-même, bien sûr, alors on l’a fait. On devait avoir, qui ça déjà…, Angry Anderson au chant, Angry Anderson, c’est ça, ou était-ce Swanny ? Angry Anderson. Et c’était tout, alors on s’est rencontrés et on a répété un tout nouveau set pour "The Party Boys" et ce line up était tellement réussi que j’ai décidé, ou plutôt on a décidé de faire un disque. Et je suis allé à mon studio, que j’avais à l’époque dans le nord de Sydney, oui j’avais un studio là-bas, alors on a produit l’album "The Party Boys" qui a été, je pense, numéro un, n’est-ce pas ?

- Oui, il l’a été, ouais.

A.L. : Quelque chose comme ça.

- Il l’a été. Pas mal de singles tirés de l’album, aussi. C’est vrai que "The Party Boys", c’était énorme. En particulier du temps où c’était Swanny le chanteur.

- "He’s gonna step on you", attention les yeux !

A.L. : Ouais, ça c’était quand on avait demandé à Ben Babel ce qu’il pensait qu’on pourrait sortir comme bon single. C’est lui qui a eu l’idée de "He’s gonna step on you again". Alors je suis entré en studio pour le produire avec Angry Anderson au chant, mais malheureusement Angry a quitté le groupe à ce moment-là pour reformer "Most of two" avec un producteur étranger ; il ne m’a pas fait confiance, tu vois, encore. Donc la première chose que j’ai produite en dehors de "Status Quo" a été un tube, ce dont je suis en fait assez fier. En réalité, je n’ai pensé qu’à ça. La première chose que j’ai produite par moi-même en dehors du "Quo" a été un tube, ouais.

- Il y a de quoi être content avec ça.

A.L. : Ouais, et ç’a été un des singles les plus vendus de l’année, en plus.

 

ENREGISTREMENT N° 7

- "He’s gonna step on you again" dans Classic Retrospective ce soir. Cette chanson a été n° 1 avec les "Party Boys", produite par Alan Lancaster. Dans une autre partie de l’interview que j’avais faite avec Alan, partie que je ne vous avais jamais diffusée avant aujourd’hui, je lui avais dit : "Cela a dû te rendre extrêmement fier et content, à l’époque, que cette chanson-là en particulier devienne numéro un des Charts".

A.L. : Oui, cela m’a donné beaucoup de satisfaction, parce que je ressentais un manque de confiance après l’expérience "Quo". Je me disais : "Bon, est-ce que j’avais quoi que ce soit à voir avec ça ?" et bien sûr, décrocher ce numéro un juste après, cela m’a apporté un gros regain de confiance.

- Et une bonne réponse à ta question.

A.L. : Pour moi, oui, en effet.

- Evidemment.

A.L. : Tout ça, c’est de l’égoïsme. Il faut se tester un peu soi-même parfois, pas vrai ? Et en rejoignant "The Party Boys", j’ai surmonté le genre de problème que j’avais de ne jamais avoir joué avec aucun autre groupe en dehors de "Status Quo". Et j’ai surmonté le problème de vérifier mes propres capacités en produisant un numéro un dès le premier coup. Alors, disons que ça m’a remis sur les bons rails.

- Des tas de musiciens ont rejoint "The Party Boys" et en sont partis, ce qui était toute l’idée de ce groupe, je pense. Quel a été ton line up préféré ?

A.L. : Ben, il n’y a eu qu’un seul line up du temps où j’en faisais partie.

- C’est vrai.

A.L. : C’était celui que j’ai cité. Angry Anderson était, tu sais, au chant, mais moi aussi je chantais, de même que Kevin Borich, et aussi John Brewster. Il y avait donc plusieurs chanteurs. Mais c’était Angry le "lead vocals" du groupe et on a fait notre tube quand Angry est parti et que John Swan nous a rejoints, donc ç’a été le seul changement dans le line up. Mais il y a eu, ah oui, je me souviens, le… comment c’était, son nom ?

- Lequel ?

A.L. : Graham Bonnet, parce que John Swan en avait eu marre du groupe pendant un temps et je lui avais dit "T’en vas pas, John", mais il est parti, parce que c’était John, donc on a dû faire venir Graham Bonnet. Et ç’a été... Graham était un chanteur absolument fantastique, mais malheureusement, il ne collait pas d’un point de vue "alchimique" avec "The Party Boys". C’était Swanny, l’homme de la situation, et… malheureusement on a dû se débarrasser de Graham après ça. Ouais, pauvre vieux Graham ! Vraiment, j’ai détesté devoir faire ça. C’est une des pires choses que j’aie jamais eues à faire. Parce qu’il nous a rejoints pendant une quinzaine de jours pour prendre la relève et que John a voulu revenir. Bon, je n’allais pas refuser à John de revenir au sein du groupe, parce que c’était lui qu’on désirait tous avoir avec nous, même si Graham était un artiste fantastique et que j’aie vraiment beaucoup de respect pour lui. Mais vraiment, son alchimie ne convenait pas à ce line up particulier.

- Lorsque tu parles d’alchimie qui ne collait pas, c’était un problème de personnalité ?

A.L. : Oui, c’est ça, je veux dire…, "The Party Boys", c’était un peu comme le "Quo" dans un certain sens, les "Angels"… C’était un groupe fort, qui croyait en ce qu’il jouait.

- Ouais.

A.L. : Tu sais, il n’y allait pas par quatre chemins, il y croyait. Graham avait une image plus "pop" en quelque sorte, et sa voix était tellement puissante. Tout ça, c’était tellement facile pour lui, il avait tout pour être le chanteur qu’il fallait, un super chanteur, mais pas nécessairement l’homme de la situation.

- Ouais.

A.L. : Il était…, il avait une grande voix, et on peut même lancer le débat, et dire qu’il est meilleur que Swanny sous certains aspects, mais, tu sais…, mais John Swan était le gars qu’il fallait. Il se fondait là où Graham, lui, ne s’insérait pas.

- Les "Party Boys" font partie de l’histoire du rock australien. Et tu en fais partie toi aussi, c’est pour ça que tu es un Aussie honoraire désormais. Un véritable Aussie !

A.L. : Il y a toutes les sensations qui me reviennent ; continue, Simon.

- Après les "Bombers" et les "Lancaster Bombers", qu’est-ce que tu as fait ?

A.L. : Après "The Party Boys", c’était quoi ? "The Bombers", après "The Lancaster Bombers", j’ai fait..., j’ai rencontré Roger Woodward, je me suis un peu lancé dans un genre de musique différent. Tu connais Roger Woodward, le pianiste classique. C’est un musicien classique, comme tu le sais, et moi, je suis un musicien rock, alors on s’est dit que ce serait une bonne idée de se mettre ensemble et de voir si on pouvait faire un album instrumental contemporain.

- Tout un chacun doit essayer de mélanger l’huile et l’eau au moins une fois dans sa vie.

A.L. : En fait, j’ai vraiment adoré cet album. C’était totalement différent de ce que je fais normalement. ça m’a vraiment plu, tu sais. Ma fille l’écoute, tu sais, tous les soirs en allant se coucher.

- Comme c’est mignon.

A.L. : ça s’appelle "Music of the night", c’était bien ; alors j’ai fait ça et depuis ça, je suis tombé malade, juste après. Ce qui est bizarre, c’est que j’ai fait une dystrophie musculaire, alors je ne pouvais pas jouer. Je n’ai pas été en mesure de jouer de façon professionnelle depuis plusieurs années. Mais ça commence à aller mieux, alors je vais faire mon retour. Avec ça, ce n’est pas bien grave. Donc, je me suis principalement occupé du côté "business" des choses, copyright et conférences et…, tout ce genre de trucs : enseigner, donner des conférences…, le côté purement « business » de l’industrie musicale.

- Parlons de ta famille : que font tes enfants ?

A.L. : Eh bien, ma fille Fanny, elle est commerciale, une championne pour vendre de la publicité, dans The Day Events.

- Oooh, ouais, félicitations !

A.L. : Alors si vous la voulez, elle est co…, enfin, je veux dire elle l’était. Elle ferait un tarif de faveur pour WS, j’en suis sûr !

- Je ne doute pas qu’on va se mettre tout de suite après elle !

A.L. : Eh bien, c’est ça qu’elle fait. Ma fille est également très bonne comme caméraman, elle sait vraiment y faire avec une caméra.

- Ah ouais…

A.L. : Et tout ce genre de choses : c’est une bonne danseuse de salon, une championne de la danse de salon ; et mon fils David, c’est mon plus jeune fils, il fait les extras dans des trucs comme ‘All Saints’ et ‘Neighbours’, ou ce genre de choses-là.

- OK.

A.L. : Il fait d’autres choses aussi, il est vraiment bon quand il s’agit de jouer à la Bourse. C’est un très très bon guitariste, il a vraiment de multiples talents.

- Il y en a qui ont tout pour eux, pas vrai ?

A.L. : Ouais ben, ouais, je veux dire, il est jeune, il n’a que vingt ans, vous savez. Alors, j’ai aussi un autre fils, plus vieux, bien sûr…

- Ah oui…

A.L. : C’est Alan. Il a la franchise des boutiques Bob Tea, il fait tous ces genres de trucs-là. Il a sa propre affaire. Il n’est pas du tout dans l’industrie musicale.

- Non…

A.L. : Mais ses filles, elles, oui ; ce sont de bonnes danseuses, et il se trouve que ce sont mes petites-filles.

- Tu n’as pas l’air assez vieux pour avoir des petits-enfants !

A.L. : Eh bien, j'ai deux très très gentilles petites filles, et j’en ai une autre en route. Sa naissance est attendue en mars.

- Alors, elle aussi, il faudra qu'elle passe par toute l'histoire de "Status Quo".

A.L. : Ah ça, pas de doute.

- L'histoire de son grand-père...

A.L. : Ouais.

- Alan, merci de nous avoir consacré du temps pour Classic Retrospective, et puis on a aussi hâte de te revoir jouer, et de voir où ta carrière musicale va te mener la prochaine fois.

A.L. : Eh bien, laissons passer une année et on remet ça.

- Nous n’y manquerons pas. Je recevrai de nouveau Alan à Classic Retrospective au début de la nouvelle année. Le verdict pourrait bien avoir été prononcé dans ses procès d'ici là et il sera peut-être en mesure de nous dire exactement ce qu'il en est sorti. Les maisons de disques associées à "Status Quo" seraient probablement heureuses qu'Alan Lancaster se détourne et s'allonge ("roll over lay down"), mais il est très…, il est d'une toute autre trempe et il n'est pas près de faire ça. Nous verrons bien ce qui se passera l'année prochaine. Ce soir, c’était notre dernière Classic Retrospective de 2004, nous reprendrons en janvier de l’année prochaine. Peut-être vous êtes-vous toujours demandé ce qu’il était advenu aussi de gens comme Neil Jones de "Black Feather". Alors, nous ferons le point avec Neil Johns, nous ferons également le point avec Joey Molland de "Bad Finger", nous ferons le point avec Peter Noon de "Herman's Hermits" et verrons ce qu’il fait ces jours-ci. Et nous ferons encore beaucoup d'autres choses dans Classic Retrospective en 2005, et pour finir la soirée, hommage à Alan Lancaster qui n'est pas près de se détourner et de s'allonger.