STATUS QUO FRANCE

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Il y a de cela une quinzaine de jours, Patrick Cusse a interviewé Francis pour TV2Weken, un magazine flamand, dans le cadre d'une série d'articles à propos des 40 ans de l'émission Top of the Pops. Ce que vous allez pouvoir lire ci-après est la transcription intégrale et non expurgée de la cassette de l'interview. Cette interview s'est déroulée par l'intermédiaire du téléphone. 

Francis : Allo ? 

Patrick : Allo, Francis ? 

Francis : Bonjour Patrick. 

Patrick : Salut, comment ça va ? 

Francis : Pas mal, pas mal. 

Patrick : Comme on te l'a probablement déjà dit, cette interview est principalement consacrée à l'émission Top of the Pops. Il n'était pas vraiment possible de rédiger un article à propos de son anniversaire et de ne pas y parler de vous. 

Francis : ça me semble être une bonne idée, en effet. 

Patrick : Tu te souviens de la première fois où vous y êtes passés ? 

Francis : Oh oui. Là, j'essaie de me souvenir qui d'autre il y avait. Je me rappelle que c'était un sacré truc à faire, et c'est probablement toujours le cas. Cette émission, je la regardais à chaque fois. Rien qu'à l'idée d'y être, c'était un peu "y être arrivé". Si vous jouiez un titre à Top of the Pops à cette époque, en général il grimpait vers le haut du hit-parade, il commençait à bien se vendre. Il me semble que c'est la première fois que j'ai rencontré Jimmy Saville et Dave Dee, Dozy, Beaky, Mick & Tich. Plein de sacrés numéros. ça fait vraiment bizarre, quand on a l'habitude de regarder l'émission à la télé. Et tout d'un coup on est là, en train d'y participer. Je me rappelle de Matchstick Men ; on peut vraiment voir… Il y a un plan où John Coghlan se voit dans le moniteur, alors il fait "Wow ! Je me vois là-dedans !". C'était très important pour tout artiste à l'époque, et je crois que c'est toujours le cas. C'est le genre d'émission dont les gens parlent dans le monde entier. Je ne sais pas pourquoi, d'ailleurs, peut-être à cause de son format. 

Patrick : Ce format d'émission s'est vendu dans le monde entier maintenant. On la retrouve en Belgique, en Hollande... C'est le même plateau. 

Francis : Oh vraiment ? 

Patrick : C'est une des raisons pour lesquelles nous faisons cet article. 

Francis : Eh bien, elle quelque chose de spécial. 

Patrick : Il y a des émissions consacrées à la musique pop dans tous les pays. Qu'est-ce que celle-ci a de particulier ? Pourquoi tout le monde veut-il tant y participer ? Depuis les Beatles jusqu'à Kylie Minogue. 

Francis : Peut-être parce que très tôt, on a pu la voir partout dans le monde, et que c'était au moment de l'explosion de la musique en Angleterre, dans les années soixante et soixante-dix. Tout ce que je sais, c'est qu'elle porte toujours ce nom dans le monde entier. Il y a eu plein d'émissions qui sont apparues et ont disparu dans ce pays, et dans toute l'Europe... Top of the Pops n'a pas de prétentions. C'est juste de la musique de hit-parade. Et ça a toujours été comme ça. 

Patrick : Combien de fois y êtes-vous passés ? 

Francis : Je pense que ça doit faire 101 ou 102 fois. Peut-être 103, je n'en suis pas sûr. 

Patrick : C'est comment l'atmosphère en coulisses ? Dans le même genre que lors des festivals ou des concerts normaux ? 

Francis : Non, pas du tout. La BBC, c'est un énorme bâtiment, et tout le monde peut se retrouver dans des couloirs différents. Il y a les sections bleues et les sections rouges, et ainsi de suite. Chaque fois qu'on y est passés... On est un peu bizarres, comme groupe : on laisse la porte de notre loge ouverte, on n'aime pas trop qu'elle soit fermée. On arrive là tôt le matin et, en général, c'est une journée très détendue, il y a beaucoup d'attente. La télévision, c'est "on fonce" et "on attend". Il faut être là tôt, mais il y a de l'attente. Un jour, on a commandé un curry et on a planqué un poisson dans le faux-plafond, quelque part dans une des loges. Des trucs dans ce genre-là. Des fois, on en avait marre... Un jour, on était là et il y avait Lemmy qui passait dans le couloir. Il nous dit : ça vous dit, un peu de sulfate ? Vous savez, des amphètes, quoi. Je lui réponds : Non, non, merci. Il reprend : Et ça, vous en voulez ? Il avait avec lui une bouteille, une grosse bouteille de jus d'orange, avec de la vodka et des amphètes dedans. Alors je lui redis : Non, non, non, merci. Il était environ dix heures du matin. C'est un exemple des trucs qui pouvaient se passer. On rencontrait toutes sortes de personnages. On retrouvait des tas de gens qu'on connaissait, alors on passait l'après-midi à discuter... 

Patrick : C'est quand même surprenant que vous soyez passés si souvent dans cette émission, alors qu'en même temps il y a énormément de gens dans cette industrie qui ne vous prennent pas au sérieux. Pourtant on n'arrête pas de vous demander d'y participer, et vous, gentiment, vous acceptez. 

Francis : Peut-être que l'industrie du disque en général ne nous prend pas au sérieux, mais manifestement, pour les gens qui nous prennent au sérieux, c'est à fond. Par contre, ceux qui ne nous aiment pas, c'est aussi à fond. Il n'y a pas de juste milieu avec nous. Je trouve ça bizarre. Il y a des gens, ça les énerve quand nous y sommes. Certains pensent que ce n'est pas de la vraie musique. Mais tous comptes faits, vous savez, ça ne représente que trois minutes de musique. Certains voudraient faire paraître cela plus important que ça ne l'est. Mais ce n'est que de la musique, une toute petite partie de la vie des gens. 

Patrick : Dans l'autobiographie de Noddy Holder, celui-ci parle du fait que la BBC ne traite pas les invités de l'émission en stars. Et il parle aussi du sprint qu'il fallait piquer depuis l'entrée des artistes jusqu'à la voiture tandis que les fans essayaient de vous arracher vos vêtements. ça éveille des souvenirs pour vous ? 

Francis : Oui, c'était vraiment comme ça, en particulier au début. Plus la star était connue, plus elle se faisait mettre en haillons. ça faisait partie du truc. Et on aimait ça. C'était un peu la marque de votre statut. Mais, comme Noddy le raconte, il n'y a pas de loges de stars là-bas, personne n'a droit à un meilleur traitement que n'importe qui d'autre. C'est juste une émission de télé et elle existe depuis si longtemps que, la plupart du temps, on connaissait le régisseur de plateau, les cadreurs, on connaissait les réalisateurs. On a grandi avec elle, et une fois qu'on est entrés dans le business, on a grandi en elle. C'était un fabuleux outil pour faire la promotion d'un disque. Il ne faut pas oublier qu'il y avait 18 ou 20 millions de téléspectateurs qui la regardaient. Maintenant, il n'y en a plus que 5 ou 6 millions, je ne suis pas sûr. Mais les gens veulent toujours passer à Top of the Pops. Je pense que si on avait tous su ce que c'était, tout le monde aurait voulu faire des émissions de télévision... c'est ça le format, c'est ça le secret. C'est la même chose pour Status Quo. Je ne sais pas vraiment quel en est le secret. Je ne sais pas quel est le secret of Top of the Pops. Il n'y règne pas de parfum de scandale particulier, cela n'a rien de particulièrement astucieux, c'est juste de la musique de hit-parade. Par contre, il y a certains artistes qui sont vraiment fantastiques, certains artistes parmi les meilleurs du monde qui y passent. 

Patrick : J'ai fait une petite recherche sur Internet juste avant de t'appeler ; j'ai juste tapé 'Top of the Pops' et 'Status Quo'. Et inévitablement, je suis tombé sur Rick s'affalant au beau milieu des fûts de batterie en jouant Margarita Time. C'était voulu ou il était vraiment saoul ?  

Francis : Eh bien, les deux. Il était saoul, mais c'était voulu. Il avait déjà prévu de le faire avec Pete Kircher. Je me souviens qu'on était là, prêts à y aller, et c'était Frankie Goes To Hollywood qui passait. Et il a dit : ça sera numéro un la semaine prochaine. C'était comme un éclair de lucidité alors qu'il était fin saoul et complètement parti. Il avait déjà dit qu'un jour il se casserait la figure sur la batterie. C'était Jimmy Lea qui tenait la basse dans le groupe à cette époque. Il faut se souvenir que c'était comme une journée de congé pour nous. On n'avait pas la pression du direct, donc il n'y avait pas nécessairement à s'inquiéter de savoir si on était en forme ou non. Et comme on était là depuis neuf ou dix heures du matin jusqu'à sept ou huit heures du soir, en général on prenait un petit quelque chose…  

Patrick : Mais à cette époque, l'émission était diffusée en direct.  

Francis : Oh, ça oui. Personne ne jouait en direct, mais l'émission passait en direct. Et c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles on pouvait faire des trucs comme ça. Il savait que s'il tombait, il n'y aurait pas la possibilité de faire une nouvelle prise et tout d'un coup, on s'est dit que ce serait marrant et on a décidé de le faire.  

Patrick : Tu aimes ça, chanter en play-back ? Parce que - soyons honnêtes - Francis, tu n'es pas vraiment le meilleur spécialiste du play-back au monde.  

Francis : Non. Je pourrais l'être, mais c'est juste que je ne prends plus ça au sérieux maintenant. Autrefois, on avait intérêt à faire les choses sérieusement, parce qu'ils avaient très peur que les gens se doutent que ce n'était pas du direct. Maintenant, je crois que la plupart des gens savent quand c'est joué en direct et quand ça ne l'est pas. Le son est très distinctement différent. A la télévision, je préfère mimer, sauf si on peut y passer une paire de jours et avoir tout ce qu'on veut. On a joué un peu en direct pour Top of the Pops il y a de ça un couple d'années, et c'était bien. L'état d'esprit est différent quand on joue en direct. Comme je le disais, c'est comme un jour de repos. Tu fais une petite sieste dans l'après-midi, on te donne à manger. Sur une émission ordinaire, on ne te donne pas autant à manger avant que tu passes. Ou on ne te sert pas d'alcool, on ne peut pas avoir ceci ou cela. Par contre, à Top of the Pops, tu as la journée pour toi, tu rencontres des tas de copains. Nous, on voyait Slade assez souvent, on s'entendait bien avec eux.  

Patrick : Vous êtes passés tellement souvent dans l'émission à partir de la fin des années soixante que vous avez probablement rencontré à peu près tout le monde dans cette industrie, à un moment ou à un autre. Il est par conséquent impossible d'écrire ou dire quoi que ce soit à propos de l'histoire de Top of the Pops sans mentionner Status Quo.  

Francis : C'est aussi mon avis. Je connais la plupart des gens, je pense. Je ne les connais pas très bien. Je ne suis pas trop bon pour ça. On a fait quelque chose en Allemagne, le week-end dernier. Les Cinquante Ans du Rock, je crois que c'était ça. Il y avait toutes sortes de gens que j'admirais quand j'étais jeune. J'ai dit 'Salut, content de vous revoir…' et hop, retour à la loge.  

Patrick : L'année dernière, vous avez joué 'Jam Side Down' à Top of the Pops. Est-ce que les jeunes dans le public vous connaissaient ? Ou bien est-ce que c'était plein de fans du Quo ?  

Francis : Il y avait un peu de tout. Mais il faut se souvenir que c'est de la télévision. Si le public n'applaudit pas suffisamment, on le refait applaudir. C'est de la télévision, ce n'est pas la réalité. Mais il y a toujours des fans du Quo. Il y en a toujours qui arrivent à savoir qu'on va y passer et qui se débrouillent pour y être, d'une manière ou d'une autre. Il m'a fallu des années pour réaliser qu'on est là juste pour la caméra. Ce qui se passe dans la salle ne compte absolument pas. Quand on a joué en direct il y a un couple d'années, le public a répondu de façon fantastique. Il y avait des jeunes qui n'avaient jamais entendu ce genre de choses auparavant, la puissance qu'un groupe peut dégager. Mais en réalité, ça ne fait aucune différence à la télé. A la télé, on te congratule exactement comme le groupe qui est passé avant. Bref, c'est de la télé, ce n'est pas la réalité.  

Patrick : Tu parlais des ventes de disques. Est-ce que l'on s'en rendait compte à ce point dès le lendemain ? Est-ce que les ventes de disques décollaient vraiment en flèche ?  

Francis : Oh oui, absolument. En ce temps-là, on faisait Top of the Pops et on pouvait gagner cinq places dans les hits. Nous, on vendait des tas de disques et tous les autres vendaient aussi des tas de disques, alors on montait et on descendait de cinq ou dix places dans les classements. Maintenant, il y des singles qui sont tout en haut et la semaine suivante, patatras. Il n'y a plus de ventes. Donc si tu as une base de fans bien établie… Je crois que c'est Marillion qui avait eu un single qui était entré en numéro trois et avait chuté comme ça dans les trentièmes. A cette époque, le marché était plus florissant. D'une manière ou d'une autre, notre industrie a perdu le fil quelque part et a laissé la situation se dégrader… Quand on avait fait 'What You're Proposin', on était allés en France pour assurer la promotion du single. On avait essayé d'avoir les chiffres. On avait eu un chiffre de début de matinée à dix heures, un chiffre à midi, et ainsi de suite. Je crois que le chiffre de midi nous a été communiqué à Heathrow. On avait fait 47000 ce matin-là et, dans l'après-midi, ça avait dû monter à 60 ou 70000. Un ami à moi, qui est producteur - c'est lui qui avait produit 'I want to teach the world to sing in perfect harmony' - m'a dit qu'ils avaient fait 103000 singles dans une journée. De nos jours, il y a très peu de singles qui se vendent autant en trois semaines, voire même en trois mois. D'où l'idée de passer à Top of the Pops… Mais je pensais très rarement à l'effet réel que cela pouvait avoir, financièrement parlant. Ce à quoi je pensais, c'était à tous ces gens qui étaient sortis pour se l'acheter ! Tous ces gens qui s'intéressaient à nous. C'était fantastique ! Donc c'était toujours bien d'y passer, même si c'était embêtant à cause de l'attente. C'était une journée de congé, on pouvait prendre la vie du bon côté. Ce n'était pas grave si tu te salissais un peu dans la matinée, il y avait toujours moyen de nettoyer… Comme je l'ai dit, c'était une journée de congé, mais avec un bonus : tu faisais la promotion de ton disque. Alors que maintenant, il faut peut-être faire six ou sept émissions de télévision pour avoir un résultat égal à ce que Top of the Pops te permettait.  

Patrick : Je vais donner les dates des deux concerts que vous faites en Belgique cette année, mais est-ce que tu peux m'annoncer autre chose pour ce 40ème anniversaire, peut-être un album l'année prochaine ?  

Francis : J'ai écrit aujourd'hui. Ces deux derniers mois, je les ai passés en studio. On a un single qu'on espère sortir sur un Greatest Hits à la fin de l'année. Un nouveau titre, qui sera sur le nouvel album l'année prochaine. On espère sortir un album pour le 40ème anniversaire, qui est en fait le 40ème anniversaire de ma rencontre avec Rick. On sortira un album et un autre single à cette occasion, j'espère. On essaie aussi d'avoir quelques invités. Je crois que Lars de Metallica voudrait bien faire quelque chose. Et j'espère avoir le gars des Stereophonics. Il me semble que Bon Jovi serait d'accord pour faire Rocking All Over The World, mais ce qu'on voudrait, c'est essayer de trouver des gens qui viennent en guest stars faire des trucs qui sortent de l'ordinaire, plutôt que de reprendre Rocking et Whatever You Want et tout ça. Et avec un peu de chance, au bout de cette année-là, on va ralentir quelque peu. Prendre une année sabbatique et voir ce qui se passe.  

Patrick : Bon, c'est fini pour l'interview, mais j'aimerais ajouter une note plus personnelle et juste, eh bien, te remercier pour la musique et tout le reste. Je fais partie des porteurs de bonnet de Père Noël et…  

Francis : Eh bien, si vous n'étiez pas là, je n'arriverais pas à faire ce que je fais.  

Patrick : … Je me déplace pas mal pour vous voir, New York et Dublin et d'autres endroits de ce genre. Je peux dire que pour moi et pour pas mal d'autres, c'est devenu plus que de simples concerts. C'est bien plus qu'une heure et demi de spectacle sur scène, c'est aussi une histoire d'amitiés.  

Francis : Tu te souviens, quand on a parlé tout à l'heure des gens qui ne nous prenaient pas au sérieux ? Ceux-là, ils ne comprennent pas vraiment. Ils ne sont pas capables de comprendre que les gens ne viennent pas juste pour le spectacle. Il y a des gens qui se rencontrent, il y en a même qui se sont mariés ! Il se noue de grandes amitiés et on se retrouve en différents lieux dans le monde entier. Il y en a beaucoup qui ne comprennent pas ce que les gens retirent de cela.  

Patrick : Au fait, j'ai fait ta première partie à Bruxelles il y a deux ans.  

Francis : C'est vrai ? ça m'avait bien plu. Mais la prochaine fois, il ne faudra pas être aussi bon.  

Patrick : Merci, mais je parie que tu dis ça à tout le monde.  

Francis : Non, je ne parle pas à tous ceux qui font nos premières parties. Mais pour ce que tu disais, les gens vont juste te critiquer et te dire d'aller te faire voir…  

Patrick : C'est tout vu…  

Francis : Exactement, je suis d'accord avec toi. J'ai rencontré quelqu'un l'année dernière… On s'est produits à Croydon l'année dernière, pas loin de là où j'habite, et j'ai vu une femme au premier rang. Je me suis dit : je te connais, toi ! Je t'ai déjà vue quelque part ! En plein milieu d'une chanson, je lui ai demandé ; elle m'a crié : la salle de sport ! J'ai pensé : je la connais ma salle de sport, ce n'est pas à ma salle de sport que je t'ai rencontrée ! Après cela, elle est venue à cinq autres concerts. Elle nous avait vus quand elle était très jeune, et maintenant, elle a la quarantaine et elle a décidé… Elle est allée voir six concerts depuis l'année dernière. Et effectivement je la vois à ma salle de sport. Et elle dégage de telles vibrations… Du genre, oh, mais pourquoi est-ce que je n'y suis pas retournée ? Il y a des tas de gens pour qui c'est pareil : en grandissant, il y a des choses qu'ils ne font plus, et dix ans plus tard ils reviennent et tu peux le voir, c'est là qu'ils réalisent ! Pourquoi donc ai-je arrêté ? Et ça leur plaît. Que ce soit la vie ou la société, on t'amène à penser 'oh non, c'est Status Quo, c'est trop simpliste, c'est trop ceci ou trop cela', mais tu ne peux pas nier qu'il y a de l'énergie dans la salle.  

Patrick : A New York, on était une cinquantaine d'européens à descendre dans le même hôtel, on s'est bien marrés !  

Francis : Au BB King's ? Oui, c'était bien ! A part le gros mexicain ! Quel emmerdeur, ce mec ! Tu sais que… Il y a un gars qui est venu nous voir, il a les cheveux longs et sa copine est blonde, et il louche légèrement d'un œil comme moi, il agite les mains en l'air pour faire Shake Shake et parfois aussi il gueule Spicks & Specks ; c'est un type que j'avais vu, mais je ne lui avais jamais parlé. Un jour, on était en tournée en Australie, et voilà qu'il est là à la sortie du concert ! Et là, ça m'a fait un choc ! Tu te rends compte qu'il est allé jusqu'en Australie ! Il faut qu'on essaie de réaliser l'honneur que les gens nous font en faisant des trucs pareils. Lui et sa copine, ils ont fait le déplacement d'Allemagne en Australie pour nous. M… alors ! Moi, je ne traverserais même pas la rue pour aller voir qui que ce soit, alors l'Australie…  

Patrick : Ben, on ne le ferait pour personne d'autre. Et je ne suis pas sûr qu'il y ait beaucoup de groupes avec des fans nous.  

Francis : Il y en a, mais pas beaucoup. D'ailleurs, c'est une des raisons pour lesquelles les gens ne comprennent pas. Des trucs comme ça, ça leur fait peur. Je ne sais pas pourquoi. Il y a beaucoup de groupes qui veulent se sentir détachés de leur public, ils veulent ressentir une supériorité vis-à-vis de leur public, et ils veulent se dire que leur musique, c'est de la vraie musique et que tout le reste n'est pas de la vraie musique. Mais j'ai bien peur que les notes soient les mêmes pour tout le monde. C'est juste de la musique. Ce n'est pas une science exacte. Ce n'est rien d'autre que de la musique.  

Patrick : Merci Francis. On se reverra sûrement quelque part, cette année.  

Francis : J'y compte bien. Prends soin de toi, Patrick.  

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