STATUS QUO EN FRANCE

 

La fin des années 60 voit la sortie, dans notre pays et dans l’indifférence générale, des singles suivants ‘Pictures of matchstick men’, ‘Black veils of melanchloy’, et ‘Ice in the sun’. En 1970, ‘In my chair’ est également publié en 45 tours, en France, précédant ‘Tune to the music’, produit l’année suivante. Mais au nom ‘Status Quo’, beaucoup répondent ‘Status Qui ?’.

S’il faut se souvenir d’une date, c’est bien le 28 octobre 1973. C’est la première apparition (répertoriée) de Status Quo dans notre hexagone et ce, dans la salle mythique qu’est l’Olympia de Paris. Cependant, il semblerait que le groupe se soit produit au festival de Nancy dès 1971 mais cette information reste à vérifier tandis que la presse spécialisée française annonce la couleur avec la critique de l’album ‘Dog of two head’. " Le nouvel album de Status Quo (ces méconnus en France qui pourtant marchent très fort dans les clubs) est dans la lignée des enregistrements précédents : violent. Ce groupe composé de Mike Rossi, Ritchie Parfitt, Alan Lancaster et John Coghlan, nous propose un LP de qualité. L’ambiance particulière de Status Quo règne le long des 10 morceaux. Comment donner une étiquette à ce disque ? Status Quo fait du Status Quo. ‘Dog of two head’ est à écouter attentivement par tous les gens qui veulent et doivent découvrir Status Quo. " Malgré quelques articles de presse, le groupe demeure quasi-inconnu en France et ce n’est pas l’année 1972 qui change quoi que ce soit à cette situation. Mais dès le début de 1973 et la sortie de ‘Piledriver’, la présence de Status Quo dans les magazines français va en augmentant, et en longueur et en approbations. On peut lire des articles élogieux comme "Ca déménage les potes ! C’est du bon hard ! A l’écoute de certains titres, on peut imaginer les amplificateurs ‘fumants’ des trois guitaristes ! Il semble que Status Quo doive s’inscrire au firmament des grands groupes de hard-rock britannique. Le groupe se produira, probablement, à l’Olympia de Paris, en juin. Et Status Quo s’est bien promis de donner aux Parisiens un spectacle qu’ils ne sont pas près d’oublier ! " .

C’est en ces termes qu’est donc annoncé le premier concert français de Status Quo cité plus haut. C’est après quelques rumeurs de remise du concert pour cause de trafic que les quatre têtes chevelus foulent enfin une scène française. Le jeune public, alors présent, est fasciné par l’impact scénique et la fougue que dégage le groupe. " Le concert fut, en général, un succès qui devrait permettre d’élargir le public de ce groupe, en France, un groupe qui produit un rock sain et sans problèmes ". " Toute la salle est debout et chaque tête marque la cadence. Status Quo en donne pour son argent. Status Quo venait de conquérir l’Olympia, se réservant par-là même une salle archi-comble lors de leur prochaine venue après celle correctement remplie de ce jour. " sont les principaux extraits de la presse présente en ce 28 octobre à l’Olympia. Le premier concert de Status Quo se révèle donc un succès et a pour but de promouvoir l’album ‘Hello’, fraîchement sorti. Les critiques, quoique peu nombreuses, sont globalement bonnes comme le témoigne ce passage " Status Quo est actuellement premier en Angleterre avec ce disque. Et le groupe n’a pas à avoir honte de ce succès qui récompense des musiciens honnêtes, dans tous les sens du terme. Disons simplement que cet album, qui sont bon la sueur et l’électricité, a suffisamment de charme et de puissance pour plaire à tout le monde ".

Lorsque Status Quo se présente, à Lyon, le mercredi 3 avril 1974 pour sa première (mini) tournée française, les ventes de ‘Hello’ s’élèvent à environ 35.000 exemplaires (il deviendra disque d’or en 1976), chiffre relativement élevé si on tient compte du peu de promotion faite autour du groupe.

 

La tournée prévoit quatre dates, Lyon, Bordeaux, Poitiers et Faches-Thumesnil (banlieue lilloise) s’étalant sur quatre jours (3 au 6 avril). Après le succès de l’Olympia, Status Quo semble prêt de conquérir la province française. Hélas, le président français Georges Pompidou meurt le 2 avril engendrant ainsi un deuil national. Rick, Alan, John et Francis s’attendent à une annulation de tous les concerts. Pourtant, après un moment d’incertitude, celui de Lyon est bel et bien maintenu mais en ce palais d’Hiver, il n’y a guère plus de 300 personnes à headbanger au son du Quo. Le lendemain, à l’Alhambra de Bordeaux, le groupe joue devant 900 personnes. Le vendredi 5, à Poitiers, 600 personnes assistent au concert et le dimanche 7, à Lille, l’assistance s’élève à seulement 350. La première tournée française de Status Quo est donc un semi-échec mais effectuée dans des conditions particulières jumelant deuil national et promotion inadaptée, le groupe s’empresse de relativiser en promettant de revenir en des circonstances plus favorables.

Peu de temps après, arrive en France, l’album ‘Quo’ qui connaît immédiatement un énorme succès dans notre pays. Il faut bien admettre que la critique française n’est pas étrangère à cette réussite. " La musique de Status Quo est étonnamment régénérante ". " Gras et lourd, suintant, épais, le rock de Status Quo est toujours aussi réjouissant et dispensateur d’énergie. Qui s’en plaindrait, d’ailleurs ? ". La presse spécialisée ne se prive pas d'encenser la nouvelle galette du groupe.

L’année 1975 prévoit deux tournées françaises, une en janvier et une en décembre. En voici, ci dessous les prévisions initiales de dates, pour celle de janvier coïncidant avec la sortie de l’album ‘On the level’, lequel est aussitôt magnifié par la presse française :

Le 10 janvier ……………………………… ………………………Epinal

Le 11 janvier ……………………………………………………… Paris, l’Olympia

Le 14 janvier ………………………………………………………Bordeaux, l’Alhambra

Le 15 janvier ………………………………………………………Poitiers

Le 16 janvier ………………………………………………………Mont de Marsan

Le 17 janvier ………………………………………………………Toulouse

Le 18 janvier ………………………………………………………Marseille

Le 19 janvier ………………………………………………………Nice

Finalement, les concerts de Poitiers, de Mont de Marsan et de Toulouse sont annulés. En contrepartie, Status Quo se produit le 16 janvier à Marseille, le 17 à St Etienne et le 18 à Nîmes. C’est dans un bar de Poitiers que Francis, Rick, Alan et John apprennent que ‘Down Down’ est n°1 en Angleterre. Le 11, à l’Olympia de Paris, le tarif unique des places provoque une certaine agitation, chacun jouant des coudes pour voir Francis, Rick, John et Alan de prêt. Devant une salle pleine à craquer, il est question d’organiser un second concert, qui, pour des raisons de logistique est finalement annulé. Le public présent est abasourdi par l’énergie déployé par les quatre musiciens et en redemande mais le groupe, après deux rappels, décident qu’il n’y en aura pas de troisième. Une mini-émeute voit, alors, le jour et quelques quarante fauteuils sont molestés et un mur est même troué. Status Quo explique ce débordement de la façon suivante : " Cela n’a rien à voir avec nous. Nous avions joué nos rappels et fatigués, nous avons prévenu les responsables que nous ne retournerions pas sur scène. Au lieu d’allumer les lumières, ce qui est la seule façon de faire comprendre au public que le show est fini , on a maintenu l’obscurité. Les fans ont cru que nous reviendrions , c’est logique. Les responsables ont cru que nous céderions devant la colère, justifiée, du public mais nous n’avons pas capitulé. Nous faisons notre boulot, que les organisateurs fassent le leur ". Frustration ! Cependant, les fans français n’auront pas longtemps à attendre puisque Quo revient en France, le 2 juin, au palais des sports de Paris. L’extraordinaire concert donné par les quatre Londoniens, devant une salle archi-comble et toute acquise à leur cause, est immortalisé par le magazine " Best " de Juillet. Pas moins de sept pages sont consacrées à cet événement et c’est Francis Rossi qui fait la couverture !

Devant tant de succès, une nouvelle tournée française est prévue en décembre. Elle prévoit 10 concerts étalés du 5 au 11. Elle prend vite l’allure d’un véritable parcours du combattant. D’énormes problèmes financiers avec les promoteurs ont pour conséquence l’annulation des concerts de Colmar, Strasbourg, Nancy, Marseille et Poitiers. Néanmoins, le groupe se produit à Grenoble le 9, à St Etienne, le 10 et à Paris le 11. A St Etienne, le concert coïncide avec un match de football ce qui a pour conséquence une salle à moitié remplie. Cependant, le concert de Paris voit encore un palais des sports en effervescence qui assiste à la remise du premier disque d’or de Status Quo en France. En effet, ‘Quo’ vient d’atteindre le chiffre de 100.000 exemplaires vendus dans l’hexagone. Il est rejoint, au début de l’année 1976, par ‘Piledriver’, ‘Hello’ et ‘On the level’. Le 27 août, Status Quo est tête d’affiche du festival d’Orange lors duquel doit leur être remis ces nouveaux disques d’or. Malheureusement, suite à des débordements dans les campings avoisinant dû à quelques échevelés, le préfet de la région, se voit dans l’obligation d’annuler purement et simplement le festival afin d’éviter tout débordement. Le groupe ne donne qu’un concert, en France, en cette année 1976 et il a lieu à Paris, au palais des sports, le 22 décembre.

Particulièrement réceptifs au boogie du Quo, les nombreux fans français amènent l’album ‘Blue for you’ au statut de disque d’or alors que le groupe prépare sa quatrième tournée française en ce début d’année 1977. Bien que quelques dates soient annulées (Le Mans, le 28/01, Poitiers, le 02/02, Toulouse, le 04/02, Marseille, le 05/02 et Colmar, le 08/02), ce tour comprend 13 dates étalées du 30 janvier au 13 février. Cambrai, Paris, Le Havre, Rennes, Tours, Clermont-Ferrand, Montpellier, Toulon, Nice, Strasbourg, Metz, Dijon et Lyon subissent, tour à tour, une véritable statusquomania !

Rick Parfitt & Francis Rossi

Alors que Status Quo fait la une du Rock’n’folk de janvier 1978, le groupe sillonne les routes françaises pour ce qui sera sa plus grande tournée dans notre pays. Elle débute le 6 janvier à Rouen et se termine le 23 à Orléans. En voici les dates :

 

Cette tournée est un énorme succès surtout à St Etienne où le groupe joue son rappel vêtu du maillot vert local ! Status Quo est encore présent à Paris, le 26 octobre, pour la remise de son cinquième disque d’or honorant les ventes de ‘Rocking all over the world’. A ce stade, le groupe peut se venter d’avoir vendu plus de deux millions de disques en France !

En 1979, la tournée française est plus courte et seulement six concerts sont donnés : Lyon, le 11 février, Montpellier, le 12, Clermont-Ferrand, le 13, Brest, le 15, Rennes, le 16 et Paris, le 17. Alors que ‘If you can’t stand the heat’ devient, lui aussi, disque d’or, les radios françaises inondent la France du nouveau single ‘Whatever you want’ qui fait sensation dans notre pays.

En ce début d’année 1980, alors que l’album ‘Whatever you want’ se propulse au rang de disque d’or, la France apprend que la future tournée de Status Quo doit se dérouler du 1er au 14 mars. Malheureusement, les problèmes de santé de Parfitt font avorter l’enthousiasme de milliers de fans heureux de les revoir sur scène. Finalement, et à leur grand soulagement, ce tour est remis à septembre. Les dates prévues en mars étaient les suivantes :

 

Malheureusement et pour les raisons que l’on sait tous (la mort d’Heïdi la petite fille de Rick), la tournée de septembre est annulée. Le mois d’octobre voit la sortie du nouveau single intitulé ‘What you’re proposin’ qui se classe n°2 dans notre pays et est présent dans tous les juke-box des bars français. Status Quo interprète ce titre, en fin d’année, à l’émission de TF1, Collaroshow. Pendant ce temps, Francis Rossi nous retrace l’histoire discographique du groupe, album par album, dans le magazine Best.

Le 24 mars 1981, Status Quo se produit à Rouen sous un chapiteau au parc des expositions. Malgré le froid et la boue, 2.000 personnes sont présentes pour voir John, Rick, Alan et Francis recevoir un nouveau disque d’or pour ‘Just supposin’. Ce concert est immédiatement suivi d’un autre, le lendemain, au Mans. Quo est de retour le 4 mai à St Laurent du Var pour une tournée française de 11 dates. Le 5, le groupe joue à Marseille et après une semaine de repos, les villes de Toulouse, Bordeaux, Nantes, Paris, Grenoble, Dijon, Strasbourg, Metz et Lille sont visitées. Puis, le groupe se produit de nouveau à la télévision française en interprétant ‘Something’ bout you baby I like’ lors d’une émission de variété diffusé sur Antenne 2.

L’album ‘Never too late’ marche correctement en France ce qui sera moins le cas pour ‘1+9+8+2’ qui se vend moins. Il en est de même pour ‘Back to back’ en 1983. Le public français semble avoir oublier Status Quo. Il est vrai que le groupe ne tournera ni en 1982, ni en 1983 en France d’ou cette crise de popularité.

 

En avril 1984, le magazine Metal Attack publie un reportage sur les rumeurs de split de Status Quo. Rossi et Parfitt affirment que ces rumeurs sont vraies et que la tournée ‘End of the road’, véritable tournée d’adieux, passe par la France. Les dates annoncées sont les suivantes :

Le concert du Zénith est un semi-succès. La salle n’est pas complètement remplie ce qui ne manque pas de contracter quelque peu le groupe. " Le public français nous a un peu oublié depuis notre dernier passage en France " souligne Lancaster. Le groupe semble fatigué, usé, sans âme et seuls les concerts de Besançon et Lyon sont donnés. Annecy, Clermont-Ferrand, Le Mans et Lille sont finalement annulés. La cause officielle évoquée par le management du groupe est une indisposition de Rossi, ce dernier ayant été incommodé par des fumigènes. Mais, il semble que Francis, victime de divers abus, fût ménagé pour la partie anglaise de la tournée.

Terminé Status Quo ? Il semble que oui. Il faudra prendre son pied en concert avec d’autres groupes.

Pourtant en 1986, le groupe renaît de ses cendres. Status Quo se produit, le 13 juillet, au stade Francis le Blé de Brest. Les Bretons ont le privilège de faire connaissance des deux petits nouveaux, Rhino et Jeff. Beaucoup sont déçus du départ d’Alan mais heureux de revoir ce groupe de légende sur scène. Trois dates sont programmées en novembre pour soutenir la sortie du nouvel album et du nouveau single intitulés, tous les deux, ‘In the army now’. Quo doit jouer le 4, à Toulouse, le 5 à Montbrison et le 6 au Zénith de Paris. Finalement, ces trois concerts sont annulés. Rossi nous en donne la raison lors d’une interview début 1987. " Le tourneur n’a pas fait son boulot. On n’avait rien fait depuis deux ans, il ne devait pas être sur qu’on attirerait du monde, alors il ne s’est guère engagé, il n’y a presque pas eu de promo et plutôt que de jouer devant une salle vide, on a préféré reporter pour jouer au Zénith en mars ".

 

 

suite Status Quo en France- partie 2

 

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