Magazine  7hebdo

(suplément du Républicain Lorrain)

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Inusable Status Quo

 

Depuis 35 ans, ils martèlent leurs riffs répétitifs et multiplient les tournées à travers le monde. Le dimanche 12 août, les Status Quo poseront leurs enceintes à la Foire aux vins de Colmar.

 

Ils devaient être les rivaux des Bee Gees. Quatre garçons dans le vent, issus d'une banlieue londonienne, à la fin des années 60... Une sérieuse garantie pour l'avenir en somme. Deux compagnons de classe, Francis Rossi et Alan Lancaster marchent sur les traces de Cliff Richard et des Shadows, leurs idoles. Ils cassent leur tirelire et acquièrent une six cordes et une basse. Il ne leur manque plus qu'un costaud tapeur de fûts, John Coghlan et un second guitariste qu'ils rencontrent dans un camp de vacances, Rick Parfitt pour fonder les Spectres. Le groupe écume les pubs de Londres et tape à l'oreille d'un joueur d'harmonica qui s'improvise leur manager en 1965.


Comme beaucoup de formations en quête de notoriété, les Spectres puis les Traffic Jam connaissent des débuts chaotiques. Il faut attendre 1968 pour voir inscrit le nom de Status Quo dans les charts avec Pictures of Matchstick Men (n°7). Ils étaient des fantômes à la recherche d'une âme, d'une identité, d'un style. En adoptant leur nom, les Status Quo mettent fin à leurs tâtonnements. Finis les complets-veston et les cols de dentelle pour plaire aux maisons de disques, place à la nature rebelle de ces sacripants de dix-sept ans. À une époque où le menu musical se compose essentiellement de rock fort, les Quo adoptent une mode des plus académiques, jeans et cheveux longs. Moins sages que les Beatles, moins terribles que les Rolling Stones, les Anglais se veulent aussi durs que leur rock. Ils imposent un nouveau style, le boogie, du blues en plus rapide, qu'ils prodiguent à foison au début des années 70, alignant les albums à succès: Piledriver (1972), Hello (1973), Quo (1974), On the level (1975), Blue for you (1976)... Une moyenne d'un album par an qui s'explique plus par des conditions d'enregistrement démentielles que par une verve créatrice fulgurante. Le groupe haït les studios et la première version dans les bobines est souvent la bonne.


Même apparence de dilettantisme lors des rares passages télévisuels, les Quo arrivent sur le plateau mal rasés, nu-pieds, sans cravate, une fois même sans instrument. Non, les Status Quo ne sont pas faits pour se vendre. Pas de cette façon. Leur truc, c'est la scène, des concerts attirant de milliers de personnes, pas de frime ni de recherche scénique mais une incroyable débauche d'énergie. Une opération de séduction qui assure sur le long terme une popularité énorme dont le groupe jouit encore aujourd'hui. Les années 80 confirment le standing du groupe. En 1985, Status Quo ouvre le concert du Live Aid au stade de Wembley devant plus d'un milliard de téléspectateurs avec le tube planétaire Rockin'all over the world . L'année suivante marque un tournant, deux nouveaux membres intègrent la formation en lieu et place du bassiste et du batteur. L'intégration est plus que réussie, avec In the army now, les Quo nous feraient porter l'uniforme. Depuis plusieurs années en revanche, la flamme vacille mais ne s'éteint pas. Quelques albums, beaucoup de best-of, le groupe donne l'impression de lutter pour ne pas mourir.


En 35 ans de carrière dont 22 de tournées, Status Quo a vendu plus de 110 millions d'albums, classé 53 singles dans les charts et fait plus de 4 500 exhibitions. Ils sont même entrés dans le Guinness Book pour avoir, le 21 septembre 1991, donné quatre concerts sold-out en moins de douze heures dans les villes de Sheffield, Glasgow, Birmingham et Londres. Le 12 août prochain, Status Quo ne se produira qu'une seule fois, à Colmar, dans le cadre de la Foire aux vins. Les 10 000 places du théâtre de plein air ne seront pas de trop pour accueillir ceux qui devaient être les rivaux des Bee Gees.