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L'histoire du groupe par Eric Fortin

1983

En ce début d’année 1983, chacun cherche à se ressourcer. Le départ de John Coghlan a laissé des séquelles. La forte camaraderie qui régnait au sein du groupe est maintenant terminée. Lancaster se trouve isolé face à Rossi et Parfitt. Bown et Kircher laissent passer l’orage. L’ambiance exécrable qui règne ne permet pas à Status Quo de mettre sur pied une tournée. Le groupe ne se produira nulle part, cette année. Pour le moment, l’heure est aux compilations. C’est ainsi que paraît, en juin, "To be or not to be" contenant des titres enregistrés de 1973 à 1979. En juillet, Pye continue son forcing en éditant "Works".

C’est une formation déchirée qui se retrouve à Montserrat, île paradisiaque, pour enregistrer le nouvel album. C’est dans ce cadre exotique que le groupe espère se ressouder. Le studio " Air studio ", appartenant à George Martin, l’ex-producteur des Beatles, est loué pour huit semaines, ce laps de temps devant suffire à produire le nouvel album. Pourtant, les esprits ne sont pas aux travail. Les cinq musiciens flânent et flânent encore, profitant au maximum des faveurs exotiques de cette île des Caraïbes. L’entente semble alors au beau fixe. Il faut dire que le groupe ne parle pas beaucoup musique, cause principale des désaccords. Durant ces deux mois, peu de morceaux sont enregistrés et de retour en Angleterre, devant le mécontentement de Phonogram, le groupe doit mettre les bouchées doubles pour produire l’album. Les morceaux sont variés et chacun a apporté sa pierre à l’édifice. Pourtant, il ne fait pas l’unanimité au sein du groupe surtout pour Alan Lancaster qui est très mécontent de la tournure franchement commerciale que prennent les choses avec "Marguerita time". " Alan détestait ce titre, il a balancé à Francis, un jour, eh ! je suis un rocker, je ne veux pas perdre la face devant ma famille et mes amis en jouant cette merde ! " avoue Parfitt. Il veut continuer à enregistrer des morceaux boogie comme ceux qui ont révélé Status Quo au début des années 70. Pourtant, Lancaster se défend : "Bien sûr, il m’arrivait, comme les autres membres du groupe, d’être contre l’enregistrement de certains morceaux. Je ne voulais pas faire "Marguerita time" contre l’avis de tout le monde. Alors j’ai dit : O.K, bossons-le et faisons-le. Francis a dit que j’avais essayé d’arrêter çà mais c’est faux." . C’est pourtant une de ses compositions qui est choisie comme premier single. L’excellent "Ol Rag Blues" entre, le 10 septembre, dans les Charts, pour 8 semaines, culminant à la 9ième place.

Deux mois plus tard, le 5 novembre, le second single intitulé "A mess of blues", une reprise d’Elvis Presley, entre pour 6 semaines dans le Top singles où il atteindra la 15ième place.

Alors que les fans attendent l’annonce éventuelle d’une tournée promotionnelle (qui finalement ne viendra pas), l’album "Back to back" sort le 25 novembre. Bien accueilli par la critique, il entre dans les Charts, le 3 décembre, pour une durée de 22 semaines, atteignant une belle 9ième place. C’est avec la satisfaction du devoir accompli que Lancaster repart en Australie déclarant au reste du groupe qu’il était dans l’impossibilité de participer à la promotion du groupe en fin d’année, sa femme devant donner naissance à leur second enfant.

Enfin, le 2 décembre voit la sortie du contesté "Marguerita time", que Status Quo décide de promouvoir par des passages télés sans Lancaster, à l’insu de ce dernier. Dès qu’il a connaissance des activités du groupe, le bassiste décide de provoquer une injonction pour empêcher Status Quo de se produire sans lui. Inutile de préciser que cette action ne fait qu’agraver les relations déjà tendues au sein du groupe. Le dernier single de l’année, promotion aidant, entre, pourtant dans les Charts le 10 décembre pour une période de 11 semaines.

 

 

 

1984

En ce début d’année 1984, la future tournée "End of the road" est centre des discussions concernant Status Quo. Alan Lancaster est en Australie loin de Francis Rossi et de Rick Parfitt avec lesquels le fossé s’est considérablement creusé avec l’affaire "Marguerita time", lequel culmine, en ce mois de janvier, à la 3ième place du top singles. Les nombreuses frictions internes usent considérablement le groupe qui a du mal à retrouver un second souffle après le départ de Coghlan. Fatigué et usé de la scène, Quo annonce le programme de la tournée "End of the road". Le 18 février, les places des sept concerts londoniens sont vendues en moins de quatre heures !

"Nous pensons que tout a une fin et il semble que ce soit le bon moment pour nous. Bien sûr , nous sommes tristes mais nous voulons partir en plein succès" affirme Rossi. "On a réfléchi, c’est maintenant qu’il faut s’arrêter, on l’a décidé tous ensemble, nous ne devons pas ternir l’image du groupe en prolongations inutiles" renchérit Parfitt. "Nous approchons tous de la quarantaine et nous avons une famille à aimer. Nous sommes tristes de nous arrêter mais pas plus qu’après chaque tournée" souligne Lancaster.

Pourtant, malgré ces déclarations, la vérité est tout autre. L’ambiance au sein du groupe est exécrable. Rossi et Lancaster ne peuvent plus se supporter, la direction que chacun veut donner au groupe est différente. Plus personne ne tire du plaisir d’appartenir à Status Quo.

C’est donc le 11 avril à Dublin que démarre cette tournée magistrale. 70 dates sont prévues mais quelques unes, notamment en France ( Le Mans et Lille) sont annulées.

Persuadés qu’ils voient le Quo pour la dernière fois sur scène, les fans réservent au groupe un accueil triomphal sauf, peut être en France où, le 10 mai, le Zénith de Paris est loin d’afficher complet. "Le public français nous a sûrement un peu oublié depuis notre dernier passage à Paris en 1981" souligne alors Lancaster.

C’est en pleine tournée que le groupe apprend qu’il a un nouveau single classé dans les Charts anglais. C’est "Going down town tonight" qui se classe à la vingtième place le 19 mai.

Le 25, Status Quo débute la partie anglaise de la tournée. C’est du délire, tous les concerts sont sold-out, les fans venant dire un dernier adieu à leurs idoles. Le point culminant de ce tour est, sans aucun doute, le dernier concert donné, le 21 juillet, au Milton Keynes Bowl, près de Londres. 48.000 inconditionnels du groupe sont présents pour saluer une ultime fois Francis, Rick, Alan, Andy et Pete. L’extraordinaire concert qui est donné ce jour là est immortalisé sur deux cassettes vidéo qui se nomment "End of the road" et "More from the road". La première nommée se vend à une vitesse phénoménale et en quantité énorme.

Pourtant, l’heure est à la nostalgie. Status Quo, groupe scénique s’il en est, va beaucoup manquer à la scène, pense t-on. Vont-ils prendre une retraite complète ? Enregistrerons t-ils encore ensemble sont autant de questions qui angoissent leurs fans.

Francis Rossi assure pourtant après le concert du Milton Keynes Bowl qu’il n’est nullement question de séparation. Quo continuera à vivre "discographiquement". Peu après, en août, Vertigo publie l’album live "Live at the N.E.C" tiré du concert du 14 mai 1982. Il n’obtient qu’une modeste 83ième place au top albums. Le 18 septembre, le groupe se trouve réuni au studio de Woldingham pour y mixer la bande du concert du Milton. Lancaster nous retrace ce moment : " Peu de temps après le ‘End of the road’ tour, nous nous sommes réunis en studio pour y mixer le son du Milton. Nous avions alors besoin de beaucoup discuter. Les discussions furent positives et un certain nombre de décisions furent prises. Les tensions étaient retombées et nous nous sentions, à nouveau, bien ensemble bien que Rick ait de gros problèmes personnels. En octobre, nous avions édité le film du Milton. Le 16, nous avions entregistré le clip de ‘The Wanderer’ et participé à Top of the Pops, le 24. Nous avions commencé à travailler sur le nouvel album qui n’est jamais sorti. " Lancaster s’envole donc en Australie, l’esprit libéré, le groupe s’étant, en apparence, ressoudé. Le nouveau single est édité, c’est " The Wanderer " qui entre dans les Charts le 27 octobre, se classant n°7. Le 23 novembre, sort encore la compilation "12 Gold Bars, volume 2", avec en pochette la scène illuminée du Milton qui se classe n° 12 des Charts pour 18 semaines de présence. Deux jours plus tard, Francis Rossi et Rick Parfitt participe, avec tout le fleuron du show-biz anglais, à l’enregistrement de " Do they know it’s Christmas " qui entre dans le top single, le 15 décembre, à la première place. En cette fin d’année, chacun prend un repos bien mérité en famille en pensant aux projets solo avant d’enchaîner sur le futur album du groupe prévu pour l’année suivante.

 

Photographie symbolique du End of the road tour. Alan tourne déjà le dos à Rick et Francis 

1985-1986