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L'histoire du groupe par Eric Fortin

1981

En 1981, Rick Parfitt se remet peu à peu du décès de sa fille Heïdi. Bob Young, le tour manager et l’âme pensante du groupe quitte Status Quo et est remplacé par Ian Jones. Le single " Lies/Don’t drive my car " est n°11 le 17 janvier et le 28 février c’est le simple " Something’bout you baby I like " qui entre dans les Charts se classant n°9 fin mars. Il s’agit d’une reprise enregistrée sur une suggestion de Francis Rossi. Le 20 mars sort l’album " Never too late " qui sera n°2 le 28. Sa présence dans les Charts s’achèvera 13 semaines plus tard seulement. L’année s’annonce chargée pour Status Quo, réclamé à corps et à cris par les fans, l’année précédente ayant été vierge de tout concert. Le groupe entame le 6 mars, une énorme tournée européenne qui se terminera le 3 juin. Lors de cette tournée, le Quo donne ses premiers concerts en Italie et au Portugal. Plusieurs anecdotes sont à signaler pendant ce tour. En effet, le 26 avril, le concert de Rome s’arrête alors que le groupe interprète ‘Roadhouse blues’. Un spectateur peu responsable lança sur la scène une serviette enflammée bourrée de papier, cette dernière atteignant Parfitt de plein fouet. Alan Lancaster, fou de rage, empoigna sa basse pour frapper un photographe à sa portée. Le groupe quitta alors la scène pour ne plus revenir. Enfin, le 30 mai à Chester, Rick Parfitt est dans l’impossibilité totale de chanter à cause d’une infection de la gorge. Il se contente de jouer de la guitare, Rossi et Lancaster palliant son absence vocale.

Le 3 juin, au Gaumont Théâtre de Southampton, Status Quo donne son dernier concert avec John Coghlan à la batterie. En effet, l’entente au sein du groupe n’est plus parfaite et il semble que John ait de plus en plus de mal à supporter la pression. De plus, il sait qu’il est relégué au second plan. "Il était complètement ignoré par notre management " avouera plus tard Lancaster qui regrettera son départ. 

Son entente avec les autres membres (surtout avec Francis) se dégrade. La rupture semble alors inévitable. " Il en avait mare depuis longtemps et nous disait toujours qu’il avait envie de laisser tomber et un jour, il l’a fait " précise Francis. Mais plus tard, il ajoutera : " John n’en avait plus rien à foutre du groupe, c’était devenu un véritable connard qui arrivait souvent bourré aux enregistrements et aux concerts ". Coghlan se montrera toujours très discret sur son départ et sur ses problèmes au sein du groupe.

Pourtant, Status Quo reçoit, le 26 juin, la Clef d’Argent de Music Thérapy qui témoigne de leur vente massive de disques. En effet, à ce stade, les rois du boogie ont accumulé plus de 90 disques d’or, d’argent et de platine. Puis, le groupe fait un large break. Chaque membre prend quelques mois de vacances bien mérités en attendant l’enregistrement du prochain album. En cette année 1981, les dissensions, les désaccords et la mauvaise entente ne font que s’aggraver et cette mini-période d’éloignement ne peut être que bénéfique. Le 10 octobre, " Fresh Quota ", un mini-album édité par Pye et regroupant 4 titres de 1971, atteint la 74ième place des Charts albums.

En novembre, après plusieurs mois de séparation, Francis, Rick, Alan, John et Andy se retrouvent dans les studios de Montreux en Suisse pour y enregistrer leur futur album " 1+9+8+2 ".

Après quelques jours passés à travailler les arrangements, John Coghlan éclate. La raison ? Il est évident que les nouveaux arrangements et le style de musique de l’album lui déplaisent, lui, qui préfère le style plus heavy. Se sentant de plus en plus mal à l’aise au sein du groupe, Coghlan est poussé par Rossi et le management à quitter Status Quo. John explique son départ de la façon suivante : " Francis avait une énorme emprise sur moi. Je me souviens avoir été dans le studio, fatigué et émotif. J’avais peut-être abusé de la coke et je n’étais pas en accord avec moi-même. Je n’arrivais pas à en découdre avec un morceau, je n’arrivais pas à trouver les arrangements. J’ai alors balancé ma batterie au travers de la pièce et suis sorti du studio. Les autres ont eu une réunion dans mon dos et Iain Jones est venu dans ma chambre pour me prévenir qu’ils avaient décidé de continuer avec une boite à rythme.  Je lui ai répondu que c’était stupide mais il m’a répondu qu’ils voulaient vraiment essayer. Personne du groupe n’est venu me voir alors je suis rentré en Angleterre dès le lendemain. Dans l’avion qui me ramenait à Londres, une étrange idée m’a traversé l’esprit. Je me suis dis que je n’aurais plus à jouer Forty five hundred times … ". Dans l’urgence, il fût fait appel à Pete Kircher qui rappliqua dès le lendemain. C’est dans ces conditions quelques peu spéciales que commença l’enregistrement du futur album de Status Quo pour lequel toute la fin d’année sera consacrée. Néanmoins, toutes ces péripéties n’empêcheront pas le single " Rock’n’roll ", sorti le 20 novembre, de se classer n°8 le 26 décembre.

 

1982

Après 19 ans de bons et loyaux services, John Coghlan quitte donc Status Quo et part jouer à plein temps avec son propre groupe, Diesel Band, qu’il avait fondé en 1976. La presse spécialisée en fait ses gros titres. Les fans du groupe sont sous le choc de la nouvelle et beaucoup s’interrogent sur l’avenir du groupe sans lui. Des rumeurs de séparation circulent rapidement. Cependant, en Suisse et loin de toutes ces rumeurs, Status Quo consacre tout le début de l’année à la finition de l’album nommé "1+9+8+2". Cette tâche achevée dans l’incertitude, le groupe passe quelques semaines à répéter avec son nouveau batteur, Pete Kircher tandis qu’Andy Bown est enfin reconnu comme membre officiel de Status Quo.

Le 27 mars, sort le nouveau single intitulé paradoxalement "Dear John". Il est accueilli avec un soulagement général et se classe n°10 le 17 avril. Le 24 voit la sortie de l’album "1+9+8+2", commémorant le vingtième anniversaire de la formation du groupe, qui se classe immédiatement n°1 et demeure 20 semaines classé, chacun voulant entendre les prestations du nouveau batteur. Complètement différent de son prédecesseur "Never too late", le groupe tente d’expliquer cette transition ainsi que le départ de Coghlan.

"En fait, nous avions commencé avec John puis il nous a quitté dans une crise de colère. Si l’album avait été produit par Pip Williams, nous l’aurions peut-être fait avec une boîte à rythme mais Status Quo a besoin d’un batteur. Néanmoins, ce fût un album agréable à faire bien qu’il y ait de plus en plus de problèmes avec Alan Lancaster. L’amusement n’était plus au rendez-vous." expliquera plus tard Rossi.

"Nous avions passé 24 heures à chercher un bon son de batterie puis lorsque nous l’avons obtenu, John a été contrarié, il n’a pas aimé quelque chose, quelqu’un avait mis du sucre dans son thé ou je ne sais quoi et il s’est mis a donner des coups de pied dans sa batterie l’éparpillant au travers de la pièce. Nous lui avons dit à demis mots d’aller se faire foutre et il a répondu "Volontiers, c’est ce que je vais faire" et ce fût la fin de John Coghlan au sein du groupe. Pete Kircher a rappliqué le lendemain matin et nous avons continué. Mais il y avait également un problème avec Alan car ni Francis ni moi n’aimions ses compositions. Quelque chose entre nous allait résolument mal. Le groupe traversait sa plus grave crise depuis 1968 et musicalement, nous se savions pas où nous allions" affirmera Parfitt.

La tournée promotionnelle débute le 15 avril en Irlande et se termine le 28 mai en Allemagne.

Pendant cette tournée, Quo donne une série de 7 concerts consécutifs du 3 au 9 mai à l’Odéon d’Hammersmith, à guichets fermés.

Le 14 mai, Status Quo se produit devant le Prince Charles, au bénéfice du "Prince’s trust", une organisation de charité au profit de jeunes défavorisés. De ce concert, sera extrait en 1984, l’album "Live at the N.E.C".

Un deuxième single extrait de " 1+9+8+2 " voit le jour le 4 juin. Il s’agit de " She don’t fool me " qui ne fera pas mieux qu’une modeste 36ième place au top singles.

Enfin, le groupe se produit au Danemark le 9 août puis participe au gigantesque festival "Monsters of rock" de Donington le 21.

Le 30 octobre, " Caroline live at the Nec ", tiré du concert du 14 mai est édité en single et se classe n°13 pour 7 semaines de présence.

L‘année 1982, riche en événements pour Status Quo, voit la sortie le 13 novembre de "From the makers of", triple album comprenant les 36 plus grands succès du groupe. Cet album se classe n°4 du Top albums le 27.

Enfin, à Noël, Quo est à l’honneur, la B.B.C diffusant le concert du 14 mai, sur son antenne.

Suite: 1983-1984