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L'histoire du groupe par Eric Fortin

1977

1977 marque, sur plusieurs points, un tournant dans l’histoire des quatre de Londres. Nouvelle production, émigration de Lancaster, détachement de Coghlan sont autant d’ingrédients déterminants dans la difficile vie du groupe. Pourtant, cette nouvelle année commence en fanfare pour Status Quo qui est élu meilleur groupe de hard-rock britannique par le Daily Mirror. Afin de commémorer cet événement, le groupe donne un concert exceptionnel au Bingley Hall, le 9 janvier. Une semaine plus tard, soit le 17, la court de Vienne, suite à l’incident de l’aéroport de l’année précédente, condamne Rossi et Parfitt à payer une amende de 1.000 livres. Pour Lancaster, l’amende est doublée car il est reconnu avoir été à l’origine de la rébellion.

"Wild side of life" atteint la 9ième place du classement singles le 22. La semaine suivante, le 30, à Cambrai, le Quo entame une nouvelle tournée européenne qui se terminera en avril.

"Status Quo live" est n°3 dès sa sortie, le 12 mars et démontre bien l’ambiance surchauffée qui règne à chacun des concerts confirmant bien que le Quo est avant tout un groupe de scène. Certains considérant même que l’album est un des plus beaux "live" de toute l’histoire du rock. Pourtant l’avis de Rossi et Parfitt concernant cet album est plus que mitigé. "C’est vrai qu’il était temps pour nous de faire un album live car Status Quo est avant tout un groupe de scène. Nous avons donné trois concerts à Glasgow sans avoir beaucoup répété. A l’écoute des bandes, nous étions catastrophés, c’était à mourir. Le son était pourri et le groupe semblait rouillé. Néanmoins, nous avons fait un choix et l’album est sorti. Honnêtement, nous n’avons jamais compris pourquoi il s’est si bien vendu." Affirment encore les deux guitaristes. Le groupe pense alors à enregistrer leur nouvel album lorsque John Coghlan est victime d’une crise d’appendicite reportant d’autant les séances.

Le groupe fait alors un large break scénique jusqu’en septembre ce qui leur permet de mettre en boite leur nouvel album, sous la houlette du producteur Pip Williams.

Enregistré au studio Bolus en Suède, pendant l’été et intitulé "Rocking all over the world", cette nouvelle production discographique introduit des synthétiseurs et autres arrangement de cuivre, le Quo espérant, par ce biais, mettre enfin le grapin sur le marché américain. " Je ne pourrais jamais comprendre pourquoi cet album ne s’est pas vendu aux Etats-Unis ni en Australie. C’était la première fois où nous allions dans un vrai studio approprié, c’était en Suède et avec le producteur Pip Williams. Nous avions confiance dans les décisions de Pip lors des discussions car il y avait beaucoup de problèmes avec Alan Lancaster" se souvient Rossi. " Nous avions besoin d’un médiateur à l’époque.  " ajoute Parfitt. " La seule bonne chose de l’album est le single Rocking all over the world car la production n’a rien à voir avec le style de musique que nous jouions " avouera plus tard le bassiste.

Ce nouveau son, moins brut et plus léché, ne satisfait donc pas Alan Lancaster avec qui, certaines divergences apparaissent. L’unité du groupe semble disparaître. Coghlan a son propre groupe "Diesel Band" et Lancaster émigre en Australie.

La fin de l’année est placée sous le signe de "Rocking all over the world", tournée, single et album. Le 8 octobre voit la sortie du single, une reprise de John Fogerty, qui se classe n°3. Il restera pratiquement 4 mois dans les Charts et deviendra le leitmotiv du groupe à chacun de ses concerts. Pourtant, Parfitt eu beaucoup de difficultés à l’imposer aux autres membres du groupe et l’explique de la manière suivante : " J’ai entendu ce titre dans ma voiture un soir que je rentrais chez moi. Je l’ai tout de suite aimé. Pourtant, les autres étaient réticents à l’idée de l’enregistrer, ils préféraient enregistrer notre propre matériel. C’est d’ailleurs le dernier titre de l’album que nous ayons enregistré. Pourtant, toute la tournée suivante s’est faite autour de ce titre."

Le 19 novembre, à l’émission Top of the Pops, Status Quo interprète son nouveau single sans Alan Lancaster, remplacé par une poupée à son effigie. En effet, résidant en Australie au moment de l’enregistrement, le bassiste ne juge pas important de revenir en Angleterre pour y participer. C’est la première prestation du groupe sans lui confirmant déjà un début de détachement d’Alan vis à vis du Quo.

L’album, quant à lui, sort le 26 novembre et se classe n°3 la semaine suivante. Malgré son bon classement, bon nombre de fans sont déçus et reprochent au groupe d’avoir perdu son énergie et accusent Williams d’avoir dénaturé le son brut du Quo au profit d’une production plate et sans relief. Au début du mois, le 6 à Cork, en Irlande, le groupe s’embarque pour son " Rocking all over the world" tour et entame une énorme tournée européenne de cinq mois promouvoir son album.

 

1978

Pour éviter de payer trop d’impôts, le groupe va résider toute l’année hors du territoire britannique (Rossi à Dublin, Parfitt en Allemagne, Coghlan résidant déjà sur l’île de Man et Lancaster en Australie). Le début de l’année est entièrement consacré à la promotion de l’album "Rocking all over the world" à travers l’Europe. Le 6 janvier commence, à Rouen, la partie française de la tournée qui s’achève le 23 à Orléans. A St Etienne, le groupe provoque un délire indescriptible en revenant pour le rappel vétu des maillots verts du club local. C’est aussi çà, Status Quo, une communion entière avec son public. Puis, Suède, Hollande, Allemagne et Autriche sont visités jusqu’en juin. Néanmoins, le groupe effectue un break en avril et mai afin de mettre en boîte son futur album enregistré à Hilversum en Hollande et toujours produit par Pip Williams.

Après avoir pris un peu de repos, Francis, Rick, Alan, John et Andy s’embarquent pour une énorme tournée australienne du 18 juillet au 17 août qui s’avère être un réel succès. C’est pendant cette période que sort dans divers pays d’Europe, le simple "Rockers rollin’". Paradoxalement, il n’est pas publié en Angleterre. De leur côté, les éditeurs de chez Pye continue leur forcing en sortant deux compilations de la période psychédélique aussi ridicules qu’inutiles : " Status Quo " voit le jour en mai et " The Status Quo collection " en août.

Le 25 août voit la sortie du nouveau single "Again and again" tiré des séances d’enregistrement du dernier album. Il entre dans les Charts anglais le 2 septembre mais pas dans le top 10, ne se hissant qu’à la 13ième place. Néanmoins, il reste 9 semaines classé.

Le lendemain, Status Quo est tête d’affiche du festival de Reading. C’est leur seule apparition anglaise de l’année. A cette occasion, Rossi se montre optimiste concernant le futur album : " Concernant ‘Rocking all over the world’, le studio de Suède était très bon sur le plan technique mais l’endroit était sec, un peu trop mort. Ca a donné un bon album, mais un peu trop aseptisé c’est pourquoi, nous avons enregistré le dernier album en Hollande dans un studio plus chaud. Le son est plus ‘live’. Le son de la batterie et des guitares est bien meilleur. C’est un album beaucoup plus ‘Status Quo’. Je crois qu’on a fait du bon boulot. " En ce 26 août, Status Quo produit son boogie puissant faisant sauter en cadence les 80.000 personnes présentes.

Après de très courtes vacances, Quo se produit au festival de Stuttgart le 9 septembre. Puis, la formation est honorée par la France, le 26 octobre. Francis, Rick, Alan, John et Andy sont aux studios RTL à Paris pour y recevoir un disque d’or pour les ventes de l’album " Rocking all over the world ".

C’est le lendemain que sort l’album "If you can’t stand the heat". Il surprend la critique et est un ton en dessous de ses prédecesseurs. Il marque l’arrivée de chœurs et d’arrangements plus sophistiqués. Profitant d’une campagne de promotion massive en Angleterre, il entre dans les Charts, le 11 septembre à la 3ième place, restant positionné 14 semaines. Le dernier single de l’année intitulé "Accident Prone" sort le 17 novembre mais s’avère être un succès mitigé, n’atteignant qu’une maigre 36ième place.

La fin de l’année, vierge de tous concerts, est consacrée à l’écriture des morceaux du futur album et à l’enregistrement des parties musicales, encore à Hilversum en Hollande.

Rockin all over the world

 

Bravo Magazine

Suite 1979-1980